Depuis le col de Vergio, je rejoins Porto pour y faire le plein et trois courses...

Histoire de ne pas rouler au moment le plus chaud,
je me pose un peu sur la plage de Gradelle à l'ouest du golfe de
Porto, dans un restaurant idéalement placé et aux patrons
très
sympathiques, avec qui je tape la bavette pendant que je me
désaltére à l'ombre de leur grande terrasse vide.
Ils me laissent mettre la moto et ses bagages à l'ombre d'un
eucalyptus et me la
surveillent pendant que je vais me rafraîchir un peu dans
l'eau...
Je reprends la route côtière qui relie
Porto à Calvi, puis retourne à Belgodère où j'ai mes habitudes, passe par
Ponte Leccia avant d'atteindre Bastia, puisque j'y bosse le lendemain.
Le surlendemain, donc, j'ai la journée pour rouler avant de reprendre le ferry à Bastia.
Direction le désert des Agriattes!
La canicule est désormais bien
présente, et c'est en cuir que je commence à me diriger
vers la mer par les pistes des Agriattes. Et c'est un peu chaud aussi
avec un Africa chargé, surtout les passages en descente dans des
langues de poussière de sable, style fesh-fesh, dans lesquels
mon pneu avant se dérobe...
Je me perds un peu, arrive au pied d'un chemin
très étroit et pierreux au milieu du maquis, en
montée bien raide, et l'emprunter me semble délicat si
ça devient encore plus étroit ensuite et que je doive
faire demi-tour... Je préfère faire demi-tour tant que je
le peux, veux poser un pied à terre puisque je dois reculer pour
finir la manoeuvre, mais impossible de tendre la jambe! Le cuir ne
glisse pas sur la peau en sueur de ma jambe, je commence à me
sentir embarqué par le poids de la moto chargée lorsque
mon pied touche enfin le sol... Redresser un Africa avec une seule
jambe, c'est du sport, je me fais une bonne montée
d'adrénaline et de température...
Mais je repars donc sans faire tomber la moto et finis par me poser
près d'une petite crique pour redescendre un peu en température, me jeter à l'eau et manger autre chose
que de la poussière...
Je mettrai un jean léger avant de repartir;
le cuir, c'était
déjà un peu too much à la descente le matin, mais
soleil au zénith et en montée, il était hors de
question de le remettre... j'ai bien sûr gardé le blouson
en cuir, parce que les pierres, c'est bien plus dur que mes coudes et
que ma peau molle...

Je crois bien que pendant cette remontée,
c'est la seule fois où j'ai entendu le ventilo du radiateur
d'une de mes Africa se mettre en route! Et moi qui n'ai pas de
radiateur ni de ventilo pour gérer ma température, j'ai
bien dû perdre deux
litres d'eau lors du retour des Agriattes...
C'est vraiment un endroit à part sur
l'île; l y a des pistes roulantes, c'est
forcément là où j'ai pu m'arrêter faire des
photos, d'autres plus cassantes qui demandent un peu de circonspection,
mais il faut aussi regarder plus loin que le devant de sa roue pour
localiser d'éventuels nuages de poussière: j'ai
croisé ou dépassé tractopelles et bulldozers qui
entretenaient les pistes avant l'été, buggies et quads en
randonnée parfois sportive, et même quelques randonneurs
courageux!
Donc la prudence est de rigueur...

Après une autre pause baignade sur la plage
de Lozari, je suis bien nase, les Agriattes m'ont vidé!
Manque de bol, mes voisins immédiats sur la plage sont trois jeunes couples caricaturaux
de marseillais; grossiers, vulgaires et parlant fort. Je voulais tenter
la sieste mais c'est loupé!
J'avais l'intention de me faire une bonne boucle qui s'annonçait très agréable avant de
rejoindre Bastia et le
ferry, mais je
ne suis pas très dynamique, avachi sur la moto... Et à l'entrée d'un virage, je sens bien que
j'arrive trop vite... Faudrait que je freine, mais j'ai la flemme, me dis que ce
n'est pas
grave que j'aille rouler un peu dans le bas-côté puisque
j'ai un trail...
Je me fais bien secouer dans les pierres et la
caillasse, et puis il faut bien que je tourne sinon je me prends la
paroi rocheuse; ça me réveille quelque peu, et je me dis
alors que
je commence à ne plus
être en pleine possession de mes capacités
intellectuelles; je
m'arrête donc à l'ombre pour souffler un peu, boire et me
passer un coup d'eau sur le visage, puis fais
demi-tour pour rejoindre une route plus directe qui écourte mon
retour vers Bastia.
Dix, voire même seize par endroit
(7 et 3, voire 13 et 3. Mais vous aviez déjà compris!), couvert de gravillons; je passe en rase
campagne, les gens sont surpris de me voir là, et,
désormais bien réveillé, je profite de ces
derniers kilomètres bucoliques avant de me retrouver sur les
axes encombrés de la côte Est...
Arrivé à Bastia, je n'ai plus qu'à patienter en attendant de monter à bord du ferry.
Le soleil se couche et je ne vais pas tarder à l'imiter...
Au débarquement le lendemain, ma moto démarre, mais c'est juste!
Régulateur/redresseur de courant que je diagnostiquerai plus tard hors d'usage...
J'ai eu chaud et lui aussi!
Heureusement que cela ne m'est pas arrivé au milieu de nulle part!
Au final, une bonne petite balade de 1387 bornes, avec une consommation
moyenne de moins de 4 litres aux 100 kilomètres, ce qui donne
une
idée du rythme auquel j'ai roulé!
Et en conclusion:
La Corse, c'est vraiment le paradis des motos!
Surtout de celles qui peuvent sortir du bitume!!
C'est quand que je repars où?!!