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Après six longues journées à patauger dans l'eau et la boue du Var, il
fallait bien que j'aille rouler dans la boue, pour me détendre et
changer un peu!
Je voulais partir tôt, mais la pluie matinale
m'en a dissuadé, j'ai eu ma dose de pluie qui mouille...
à 13h, ça c'est calmé, je me suis équipé et suis donc parti, sans manger, pas faim.
Superbe sortie, ça faisait un petit moment que je n'avais pas roulé avec le XR.
C'était bien gavé d'eau ici aussi...
Voici en premier lieu la petite anecdote du jour.
Au milieu d'une belle marre qui occupe tout le
chemin, une ornière, une grosse pierre, ou bien car plus rien ne
m'étonne, un lutin amphibie et facétieux caché
sous la surface de l'eau boueuse, qui m'envoie de l'autre
côté du chemin, et je cale comme un con...
En même temps, vu que je suis parti complètement en
travers, si j'avais gardé les gaz plus ouverts, autant je me
serais retrouvé tanqué tout fou dans la
végétation touffue et épineuse...
De l'eau en dessous du genou, la roue arrière
et la botte gauche qui s'enfoncent dans de la boue-ventouse, j'ai mis
pied à boue jusqu'au dessus de la cheville, voire même
à mi-molette mais je ne vais pas en faire un fromage.
J'ai mis pied à boue alors que j'aurais préféré simplement mettre pied à terre...
Je ne vois plus rien à cause de la vapeur d'eau qui vient du
bas, car comme l'argent d'une fraude fiscale, l'eau s'évapore
à la vue du collecteur d'un pot, et je relève et fait
tenir d'un geste le masque sur la visière...
Qui qui Kicke?...
C'est moi!!
(sur l'air de: hip, hip, hip... hourra!)
Schploutch!
Schploutch!
Schploutch!
VROAAARR! Po, po, po, po, po...
Tiens donc... le redémarrage n'a pas
été si chiant que ça, ce qui m'étonne un
peu, et je repars sans avoir à jouer des gaz ni
difficulté aucune, ce qui m'étonne un petit peu aussi,
surtout que je m’apprêtais à vivre ma
première galère de ce type, coincé à la
fois dans la boue et la flotte au fond d'un vallon...
Je rejoins une route de campagne quelques temps plus
tard, qui est barrée, donc j'y vais quand même, longe les
machines et les ouvriers du TP avec qui j'échange quelques mots.
J'enchaîne par une longue piste en montée de plusieurs
kilomètres et qui secoue pas mal, ça tire sur les bras,
c'est mon Extreme Enduro à moi...
J'arrive au bout sans même avoir mis le pied à terre, et
ce pour la première fois depuis que je la prends!
Je suis content de moi... Les ressorts Öhlins à l'avant y sont certainement pour quelque chose...
Je rejoins un petit bout de bitume, je voudrais remettre mon masque, mais je ne l'ai plus!
Vu comme ça tabasse avant, il est possible qu'il soit tombé par là.
Mais je ne retrouve pas ma trace... c'est là où on
comprend que la boue vaille mieux que la pierrasse pour les pisteurs...
Autant la reprendre de tout en bas.
Tant qu'à descendre, je vais poser la question aux ouvriers que j'ai croisés:
- "Vous vous souvenez m'avoir vu avec des lunettes cross sur le casque?"
Non... c'est donc avant que je l'ai perdu et après la mare...
Je récupère ma petite route de campagne et le vois, 100
mètres après, posé sur le bitume, et le
récupère juste avant qu'une bagnole n'arrive.
5 secondes plus tard et elle roulait dessus, vu où il était...
J'étais motivé et, en bon Padawan qui apprend bien ses
leçons, j'ai réussi à utiliser la Force pour que
d'un simple geste de la main, je stoppe le véhicule !!
Dommage, j'avais éteins la Gopro... car c'était assez
impressionnant à voir, mais j'aurai peut-être l'occasion
de vous monter ça un jour...
La prochaine fois que je me tanke dans la boue, j'essaierai d'utiliser
la Force pour m'en sortir, ça peut être pratique!
Trop cool, le masque n'a même pas une rayure!
Enfin, pas une de plus... car ça protège quand même
bien des branches et de leurs épines ces petits accessoires...
Je repars donc vers ma montée pas impossible du tout, avec mon
masque, montée dans laquelle cette fois j'ai posé pied
à terre... mais ce n'est pas grave!
Retour à la tombée du jour, par une piste bien roulante pour finir en se reposant un peu.
J'en profite pour m'amuser un peu avec mon appareil photo qui permet
aussi de téléphoner, à moins que ce ne soit
l'inverse...
Je suis sur un nuage, ou plutôt, je suis passé à
travers pour passer au-dessus, avec le soleil qui se couche d'un
côté et la Lune qui s'est levée de l'autre...
Je rejoins le bitume, arrive dans la plaine.
Le moteur ratatouille et pète, comme quand il est l'heure de passer en réserve.
Je tourne le robinet, mais le XR finit par s'arrêter...
Bon...
Séance de kick, ça pète normalement, et coupe...
Je pousse pour démarrer en prise; pareil.
Il me semble qu'il y a une station service plus loin et un gentil
bouclard moto où je m'étais déjà
arrêté.
Je voudrais au moins faire le plein avant de faire plus. (vis de purge du carbu: l'essence coule)
Peut-être que le passage en réserve ne marche plus?
Je marche en poussant, j'ai (très) chaud.
Une sportive passe sans s'arrêter...
Je me dis qu'il faut peut-être que je finisse par trouver
ça normal pour un gars en sportive, ou bien il est pressé.
Une minute après, il a fait demi-tour, et s'arrête à côté de moi.
On discute un chouia et je me refait une séance de coups de jarret.
Je relève la tête, un 4x4 s'est arrêté, deux gars descendent, des enduristes compatissants...
Ils partent et me ramènent un peu d'essence.
Kick, moteur qui tourne et s'arrête.
Re-séance de poussette, sans résultat.
Le bouclard est 7-800 mètres dans l'autre
sens, ce qui veut dire que je l'avais dépassé à
peine de 100 mètres quand je me suis arrêté, je ne
l'ai pas vu, occupé que j'étais à effectuer le
passage en réserve...
Je pousse la moto et y arrive pile-poil au moment où le rideau se baisse.
Les deux gars en 4x4 m'y attendent, ils m'ont proposé de me
ramener sur Marseille, un d'eux vient m'aider à faire les 100
derniers mètres.
Le patron reconnaît mon XR, que je laisse au chaud chez lui.
J'enlève dans la voiture veste et tour de cou, j'ai chaud et un gros coup de mou...
Et je le leur dis, que je me rends compte maintenant, après la
sortie et les efforts pour redémarrer, que je n'ai que du
café et de l'eau dans le bide.
Le passager me sort un moelleux au chocolat, et une bouteille de pulco
au citron, que je refuse poliment parce que je trouve que c'est too
much.
- "Ben, comme ça on t'aura dépanné jusqu'au bout!"
ça fait forcément du bien, mais ce qui
m'a fait le plus de bien, ce que j'ai le plus apprécié,
c'est que ces 3 mecs s'arrêtent pour m'aider.
Parce que dans le coin de Marseille, aider quelqu'un peut
éventuellement se transformer en piège et c'est toi qui
repart à pied puisqu'on t'a braqué ton véhicule.
Alors les gens se méfient, facile de devenir parano...
La suite de cette histoire, plus longue que prévue...
Deux jours plus tard, je suis d'astreinte et
reçois un coup de fil du garage, je peux venir chercher le XR.
Je pose mon tél deux minutes, et quand je reviens, j'ai un message de Mpapeur.
Ah ben tiens... du coup je l'appelle et lui demande s'il serait dispo
pour m'amener jusqu'au garage, à 18 bornes du quartier.
Je le retrouve et on y part, y arrive presque sans que je n'ai peur
pendant le trajet, y attend un peu avant de pouvoir
récupérer la machine.
Carbu tout propre passé aux ultra-sons, je paie la note, démarre et on repart.
En route, je me souviens que je n'ai pas le plein, je m'arrête donc à la première station que je vois.
A peine 5 litres à mettre, j'avais donc de quoi ne pas avoir à passer en réserve avant-hier.
Je démarre, fais 200 mètres, ça ratatouille, coupe, ne redémarre pas en prise sur la lancée.
Vis de purge, bougie, j'ai appelé le garage et le patron arrive
avec sa remorque pour rapatrier la moto chez lui après avoir
vainement tenté de ramener le mono à la vie...
Du coup, on est rentré comme on est venu, à deux sur le Transalp...
Histoire à suivre...
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