Je me suis couché le bide
rempli de paste a l'arrabiata... ça brûle un peu en bouche, mais
c'est bien pire dans les entrailles, surtout que je me suis gavé!
L'estomac au bord des
lèvres, j'ai un peu de mal à m'endormir, mais aucun à me réveiller
alors que le soleil, lui, ne s'est pas encore levé, cette grosse
feignasse!
4 heures de sommeil, donc, ce n'est pas bézeff...
Mais finalement
contrairement au soleil, c'est moi qui fais ma feignasse et ai un peu
de mal à me lever, et puis à quoi bon; le bar n'ouvre qu'à 8
heures, et comme au dernier moment j'ai viré camping gaz et
cafetière italienne de mes bagages, je ne peux me faire moi-même
mon p'tit déj favori, composé de X cafés ingurgités en
machouillant de la nicotine...
Je sais, ce n'est ni bien ni
diététique, mais c'est comme ça!
Je flemmasse donc quelque
peu, puis me décide à filer à la douche, prends ma dose de caféïne
et de nicotine en terrasse du bar...
Je ne félicite d'ailleurs
vraiment pas ce Jean Nicot, je devrais même porter plainte contre ce
gars, qui a envoyé en 1560 depuis Lisbonne de la poudre de tabac à
priser pour soigner les migraines du fils de la reine de France...
Mais, bon, ça fait
longtemps qu'il est mort, et presque 5 siècles plus tard, je fais
partie des millions d'accros à cette saloperie qui t'abat...
Fin
de la page culture du tabac!
Tout le monde s'équipe, prépare sa
monture, le Flan manque d'huile... Beurk!
Non... je voulais dire que
le Flan ouvre le flanc de son DR pour faire l'appoint qui tombe à
point, on prend du retard sur le départ mais personne n'en fait un
flan.
Direction la pompe à fric et à carburant, le supermarché
afin de prévoir le pique-nique du midi.

Nico, mal stationné.
Une photo qui faillit être prémonitoire...
Puis la petite troupe se met
en branle pour la première boucle du jour!!
Ce qui n'a, je préfère préciser car cela
prète à confusion alors que je préfère
personnellement louer ou vendre à confusion, rien à voir
avec une séance de masturbation collective...
On bouffe de la
poussière, mon chewing gum croustille sous la dent alors qu'Eve soule Adam, et deux groupes
se forment naturellement; ceux qui roulent fort devant, ceux qui
roulent fort raisonnablement derrière.
Première pause à attendre
des retardataires...

Jean-Ba arrive derrière
moi, haut sur roues mais court sur pattes, il veut béquiller dans le
dévers et roule-boule au sol sans jouer au domino avec ma moto et
moi dessus, ce dont je lui suis fort reconnaissant...
Engoncé dans sa veste
enduro, c'est loin d'être un manche même s'il se dit
novice, et comme nous sommes loin de la Manche et qu'il fait
plutôt chaud, il lui
est conseillé d'enlever ses manches avant dimanche (on est samedi) pour se ventiler un peu et
redescendre en température avant de monter en altitude...
Mais ce n'est pas la
première chute!
La première, c'est celle du
top-case de Tennophil, d'où les deux retardataires d'heureux, tard à
terre. (ça ne veut rien dire? Et alors?)
Trop de poids dans le top,
trop de secousses et le porte-paquet plie les genoux et le top se
fait la malle, certainement pour se faire croire qu'il est plus gros, alors qu'il
n'encaisse pas. Il finira la journée sanglé sur un autre
porte-bagage... Hop!
Et c'est reparti ma grosse
b.te!
Oups!...
Pardon pour les enfants qui
me lisent...
Et c'est reparti mon kiki
(rikiki)!
Ça envoie toujours du lourd
devant, ils sont obligés de nous attendre régulièrement pour que
l'on reparte groupir.
Après un de ces
redémarrages, Nico remonte le groupe des lents, heureusement hauts en
couleurs, parce que sinon ce seraient des lent ternes, alors que l'on
n'est ni des lumières, ni des éclaireurs... il me double donc d'un coup de gaz.
Je ne cherche pas à suivre;
je n'en ai pas envie, et entre la poussière et la pente, on n'a pas une bonne visibilité de
la piste.
Je rentre sur un virage
étroit à droite pas très loin de son point d'ébullition puisqu'à
environ 90°, et vois Tennophil, que je suivais, arrêté et qui me
fait signe de ralentir...
Oula! Ça ne sent pas bon
tout ça!
Je regarde illico en
contrebas dans la pente bien raide, et vois au milieu des rochers la
moto de Nico à l'envers à cet endroit, Nico plus de dix métres sous la piste,
allongé dans le sens de la pente, les bras croisés sur les côtes et le bide, semblant
se tordre de douleur...
Incrédulité face à la
frayeur d'une chute grave et de conséquences aigües!
Je lui fait signe et il me
tend ses deux pouces en un signe rassurant... il avait le souffle coupé par le choc de l'impact...
Ouf!!!
On le rejoint, le
pompier de service vérifie que physiquement Nico va bien, et ceux qui
sont partis devant finissent par revenir après quelques minutes, on peut alors commencer à
s'occuper sérieusement de ramener la bécane sur la piste. Fourche
et pontets semblent avoir vrillés, le radiateur droit est explosé,
le reste à l'air OK, du moins les éléments essentiels pour pouvoir
éventuellement rentrer en roulant.
J'ai des sangles dans ma
sacoche de selle que l'on installe après avoir fait
pivoter la moto parce
qu'elle est à l'envers, roues vers le haut. J'ai
repéré un chemin
en contrebas qui me semble être le plus facile pour ramener la
moto
sur la piste, mais on ne m'écoute pas, alors que c'est par
là que
Jean-Charles finira par la ramener avec un peu d'aide et moteur
allumé, car la bécane a pu être
redémarrée.
Fin de balade pour Nico, qui
redescendra la piste pour rejoindre le camping et y prendre un peu de
repos. Pas de fracture, pas d'entorse, pas de plaie, pas
d'hématome... Il s'en tire bien, juste un peu froissé à ses dires!
Merci le casque et la dorsale!

On repart donc sans lui pour
le col du Jaffereau.
Arrivés au pied des pistes
de ski, je jette un oeil sur la pente...
Dediou, c'est raide!
Les speeds se jettent dedans
comme des calus...
Franchement, si j'avais été
seul, je n'y serais pas allé!
Parce que l'Africa, c'est
lourd, les pneus Anakee3 sont bien routiers, ma démultiplication en
15x40 bien trop longue en tout-terrain...
Je me lance... tente de
passer la seconde à deux reprises, mais il faudrait que je
roule bien trop vite pour ne pas forcer sur le moteur et je manque de
reprise au rythme raisonnable de ma montée, avec mon Africa sans
crampons et mon expérience en TT à son guidon...
Je fais toute la montée en
première, en poussant dans les tours si besoin, aborde les épingles avec circonspection et prudence,
comme ça je me sens moins seul, et je peux vérifier que le ventilo
de mon radiateur fonctionne bien!
Superbe panorama à 360° au sommet,
on en profite un peu avant de redescendre sur un fort en ruine pour y
pique-niquer.
Toutes ces pistes sont un
vrai régal, même si ça secoue beaucoup, quel plaisir d'y rouler!!
On redescend sur
Bardonnechia après avoir fait le plein d'eau à une bonne source bien fraîche, et
on reprend une très belle piste sur laquelle tous se lâchent un
peu... en sous-bois, au milieu de la forêt, elle serpente jusqu'à un
bar d'altitude où on se pose et se repose.

Je suis cuit, ma petite condition physique, les efforts
pour mener l'Africa et le peu de sommeil font que je sens que j'ai eu
ma dose pour la journée...
Après avoir glissé des
deux roues sur une langue de gravillons en plein virage et manqué de
me manger la paroi sur la petite route bitumée qui termine la piste
avallée pour rejoindre la vallée, je préfère en rester là, tout comme
Flan et Algo, et nous rentrons au camping pendant que les autres
partent enchaîner d'autres pistes.
Je les ferai toutes ces belles pistes, mais une autre
fois!
- "Albi bac!", comme disent les albigeois lorsqu'ils
veulent traverser le Tarn grâce au bac...
On retrouve Nico au camping,
près de sa tente mais sans son oncle, sinon il y aurait aussi sa
tante, qui elle aussi est une canadienne. Il est toujours souriant et je lui
prête mes outils pour qu'il finisse de démonter son radiateur.
Une douche, une bière, un
aller-retour au supermarché récupérer les
ingrédients du barbecue
du soir, et on tombe sur Seb, malgré son plexus récemment
cassé,
et Gépétto, malgré son coccyx récemment
remis, venus chacun en Africa de Briançon apporter
à Nico un
radiateur pour qu'il puisse lui aussi rentrer sur Briançon le
lendemain avec sa bécane.
C'est l'heure de l'apéro et
la soirée peut commencer!
Mais c'est une autre histoire et demain est un autre jour!!