
Jour 4: Les Ramollos...
Photos de moi, Mika, Bouste, Blessdom... et les autres!...
L'éveil après la veille de la veille est difficile...
Je remue à peine, tout mou et moulu, mais mon ami le Moi
intérieur me murmure rieur qu'il vaut mieux me motiver à
m'activer pour rejoindre équipé ma mule et le groupe qui
m'émule...
Faut dire que Dudu13 nous a invités avant le coucher à passer
dans leur gîte boire une verveine, ce qui m'avait surpris.
Je réponds que j'attends la fin du concert avant de passer les rejoindre.
Je décline régulièrement les propositions de verveine de
ma femme, ce n'est pas un breuvage qui m'attire des masses.
Mais la verveine de chez Dudu13, elle fait plus de 40° et désinfecte la gorge, ça surprend un peu...

Direction le p'tit déj'... Je ne suis pas le seul à
être ramollo, ça me rassure. Blessdom et Bouste commencent
à accuser le coup, ils se couchent dans les derniers et se
lèvent les premiers pour organiser la journée, pendant
laquelle ils n'arrêtent pas... et finalement, du fait de la
mollitude ambiante, le départ est reporté d'une heure, ne
pas courir avant de partir me va très bien aussi, pas de soucis!
On se met donc en route vers 9h30, mais il y a des débuts de journée moins faciles que d'autres....

Pas tombé; un coup de botte et ça continue!
Toujours de belles pistes et un bon rythme, que du plaisir!
On fait ensuite un petit bout de bitume pour rejoindre un col et une piste qui s'enfonce dans les sous-bois.
J'adore!
En plus, une sensation bizarre à la conduite; c'est mou,
ça ne tabasse pas dans tous les sens, par contre ça
glissouille un peu tout de même...
J'en avais déjà un peu entendu parler, mais ça fait donc ça, la terre humide, la boue, l'herbe?!!
Je déconne à peine; je n'ai pas souvent l'occasion de tester ça vers chez moi...
On se régale à tous points de vue: ambiance, roulage et paysages sont tops!
Et
puis on arrive à l'entrée d'une nouvelle piste qui s'annonce
sympa, comme les autres... vu qu'en roulant, je ne prends pas toujours le temps de
déclencher la caméra, pour une fois je m'arrête
sur le côté pour le faire. Tous me doublent, même
Eric, qui depuis le début du meeting ferme notre groupe de
roulage... peut-être cela le fait-il chier que je prenne quelques
secondes pour allumer la cam de la main droite, ce qui
m'empêche d'accélérer...
Et puis il s'arrête quelques mètres
plus loin, je me dis que c'est sûrement pour reprendre sa place
de fermeur. J'accélère franchement pour que son attente ne dure pas et pour le dépasser,
lorsqu'il me fait des signes que je ne comprends pas...

Que veut-il?
Que je serre à gauche?
Que je n'accélère pas comme un bourrin pour ne pas qu'il se prenne de la caillasse dans la tronche?
Je n'en sais rien, avec les bouchons dans les oreilles, le vent et le
bruit du moteur je n'ai rien entendu s'il a crié ou
klaxonné, et comme la piste est roulante et que les autres
sont tous déjà loin devant, après un coup d'oeil
(trop) rapide dans mon rétro, j'ouvre les gaz en grand pour
recoller au groupe. En plus, ce n'est pas n'importe qui, Eric, il aime
rouler fort, alors je me dis qu'il faut que j'envoie un peu les Watts
pour ne pas le bouchonner...
Je rejoins rapidement le groupe en me faisant plaisir...
Et puis à la sortie d'une petite épingle, une RD03 est
à terre. Petite chute sans bobo pour le pilote et la machine.
Moto relevée et distraits par cette petite
péripétie, nous repartons sans que personne ne réagisse
au fait qu'Eric ne nous ait toujours pas rejoint...

On
enchaîne le reste de la piste sans bifurquer jusqu'à l'entrée de
Lagrasse, ce n'est donc que lorsque l'on s'arrête que l'on se rend compte
de l'absence d'Eric. Et le réseau mobile étant ce qu'il
est dans le coin, on n'a pas de ses nouvelles, c'est plutôt
inquiétant...
Merde...
Olivier part à sa rencontre, suivi quelques
minutes plus tard par Nico, le reste de la troupe attend...
Lorsqu'ils reviennent enfin, on apprend qu'Eric est tombé en
panne d'essence... avec un réservoir percé, la conso
augmente forcément, et si on n'a ni le plein ni de témoin
de jauge fonctionnel (?), ben on prend le risque d'être en panne
sèche... je croyais que c'était moi qui avait la plus
faible autonomie, mais finalement, non, ce n'était pas moi.
Je me suis fait bien pourrir, normal en un sens, car c'est vrai que
s'il s'était viandé, le délai pour revenir vers
lui aurait été le même: Eric est resté
en carafe en bord de piste pendant 35mn avant d'être
dépanné. C'est beaucoup trop, même si dans ce cas
ce fut sans conséquence.
Mais en même temps, dans un autre sens...
bon...
Me sentant tout de même responsable et merdeux, je présente
plusieurs fois mes plus plates excuses à Eric. J'apprécie
que l'on puisse me faire confiance et je suis
dégoûté de m'être loupé sur ce coup,
ça me gâche la sortie du jour qui était superbe
jusque là. Vu le niveau d'essence dans mon réservoir en
fin de virée, ce n'est pas moi qui aurait pu le dépanner,
mais j'aurais pu au moins ameuter la troupe si j'avais compris qu'il était en rade.
L'itinéraire du jour a été
tronqué à cause de la mollesse des Ramollos que nous
sommes, et nous retournons vers le camp de base pour y manger. J'ai un
coup de mou après être arrivé, Africa13 aussi. On
aimerait rouler l'après-midi, mais sans partir trop tard pour ne
pas mollir plus, et aussi du coup pour rentrer suffisamment tôt pour avoir
le temps de souffler un peu avant la dernière soirée du
meeting.
Et puis je dois dire que je ne me sens pas à
l'aise avec l'histoire du matin, je m'interroge sur la manière
dont elle a été perçue par les autres membres du
groupe... tout cela fait que je préviens Bouste qu'on va
retourner avec Africa13 se faire tranquilou l'Alaric
l'après-midi, et qu'on part de suite, alors qu'eux ont
l'intention de ne repartir que vers 15h.
On
jardine un peu, j'ai beau avoir le GPS et les traces
enregistrées, je ne comprends pas que je ne voie pas les
pistes...
Je finis par m'arrêter et regarder les cartes qui y sont
activées et m'aperçois que Jean-Ba m'a
désactivé la carte topo du coin en examinant mon GPS pour le tester...
la bonne blague!
Mais en improvisant un peu et après quelques
demi-tours, non seulement on se fait des pistes bien sympa, mais en
plus on retombe sur celle qui va nous mener au sommet. C'est l'oeuf au
riz, il y a toujours du vent, mais les éclaircies pendant
lesquelles le soleil brille sont appréciables.
Et puis en cours de montée, le moteur de l'Africa s'arrête!
Coup de pouce sur le bouton magique, ça redémarre mais coupe dès qu'Africa13 met un petit coup de gaz.
Il y a pourtant du jus dans le réservoir...
- "C'est le CDI qui est nase, j'en ai dans mon sac...", dit Africa13.
Soit...
Moi, j'ai quelques outils, donc on démonte pour avoir accès aux boîtiers d'allumage.

Mais changer les boîtiers ne fait pas avancer
les choses... on a fait quelques bornes de piste, Africa13 me dit que
je n'ai qu'à continuer tout seul... c'est bien sûr hors de
question, si je SAIS que quelqu'un est en rade, je ne vais pas le
laisser seul en carafe, et puis aussi, je n'ai pas refait le plein et
j'ai eu ma dose d'histoire de panne d'essence pour aujourd'hui!
Il commence à descendre en roue libre, je remets les X couches
de mon équipement Robocop et fais une petit photo du coin avant
de le rejoindre.

Cette région est magnifique!
Je retrouve Africa13 plus bas sur un bout plat, qui s'est donc mis à pousser sa bécane.
Il a une tête de ramollo, on ne peut pas continuer comme ça.
Je sors une sangle que je fixe entre la base de mon cale-pied et son
pare-carter, et on repart comme ça en y allant mollo; j'ai peur
pour mon petit embrayage et de la chauffe éventuelle de mon
moteur refroidi par air et huile...
Après au moins 5 bornes de pistes puis 15 de routes heureusement pas très fréquentées, je passe en
réserve 2km avant le camp de base, mais on finit enfin par y arriver! On
nous questionne, nous donne le diagnostic: pompe à essence HS...
Ah oui, tiens, je n'avais pas pensé à
ça...
L'Africa Twin peut rouler sans pompe pour peu que le réservoir
soit rempli au-dessus des carbus: l'essence y remonte par
gravité, mais niveau de jus en dessous des carbus, c'est mort,
il n'y a plus assez de pression du poids du carburant pour le faire
remonter jusqu'aux carbus. Et ce n'est de toute
façon pas avec les 3 litres qu'il devait me rester dans le
réservoir que j'aurais pu faire quelque chose sans tomber en
rade moi-même...
Au camp, quelqu'un a une pompe à essence neuve disponible, le
problème va donc être vite solutionné, surtout que Mika se charge de l'installer...
Mais moi, je
suis frustré, le coup de mou de midi s'est bien dissipé,
et je repars donc vers Lézignan faire le plein, puis je reprends
exactement les mêmes pistes du début d'après-midi et
arrive donc au sommet de l'Alaric en solitaire, ce qui ne change pas
vraiment de mes habitudes de roulage.
Le vent décorne les boeufs, c'est pour
ça qu'il n'y en a pas ici, du coup c'est sans bovins à
mes côtés mais avec les 34 chevaux du XR que je m'y pose
un peu. Je m'éloigne de la piste principale par un petit single.
Le XR oscille béquillé contre le vent qui s'est vraiment
bien renforcé, mais la vue est grandiose alors j'en profite un
peu!
Je fais au moins 20 photos et selfies pour en avoir 3 cadrées
tant je me fais bousculer par les rafales!



Le raidillon... pris en descente!
Bien content d'être là, j'entame le
retour, emprunte en descente le raidillon que l'on avait
évité la première fois
que l'on y était passé avec le groupe
(qui doit être faisable en montée avec le XR, mais peut-être pas d'un seul coup!),
et puis une petite piste
vers Camplong me fait des clins d'oeil alors que je m'en approche,
alors j'y
vais illico! Certains passages sont assez délicats, ça
ressemble à un parcours enduro, et il me semble qu'en Africa ou
autre trail, soit tu y restes bloqué, soit tu casses la machine,
soit tu casses le bonhomme, soit tu groupes deux ou trois de
ces options à la fois...
Même avec le XR, et surtout seul, je n'ai pas droit à l'erreur!
Surtout dans l'une d'elle: single de bonne pente
(60°?) sur 10 mètres, avec pierriers et roches,
où pour assurer il vaut mieux zigzaguer un peu en descendant. Arrivé
en bas, il n'y a que la place de poser la roue avant, avant de remonter
illico presto une pente identique, avec quelques marches à passer en plus...
arrêt interdit et demi-tour impossible si tu te retrouves
coincé au fond...
Et vu la pente, risque de se retourner en passant les marches de la montée...
Mais je me surprends à passer ces zones sans
difficulté, avec prudence, pile-poil à la bonne vitesse pour assurer le passage.
Je me régale, je regrette de ne pas en avoir
d'image, il y a des moments où on zappe ce qui est accessoire,
mais je garde ces images sympas en mémoire. J'aurais
souhaité pouvoir revoir ces jolis endroits et vous en faire
profiter...
J'arrive derrière le camp de base par les vignes aux environs de 19h, avec la
patate et la banane, ce qui donne un mélange assez
étrange.
J'aurais tout aussi bien pu partir rouler avec le groupe, finalement...
Je vérifie mon niveau d'huile: toujours pas d'appoint à faire...
Douche, apéro, repas, blablas, verveine,
et comme la veille et les jours précédents,
on est
allé se coucher un peu challumé...
sauf Nico qui est tombé dedans
quand il était petit...
Demain est un autre jour...
Car c'est celui du départ...
C'est trop nul, je serais bien resté plus longtemps...