Jour 7: L'heureux Tour...
Après trois
heures de sommeil, car je me
réveille très tôt, on se prépare
pour rejoindre l'hôtel Dolce.
Dode et quelques
autres sont prêts à partir, moi aussi.
- "Tu vas à
l'hôtel?", lui dis-je.
Oui,
il y va.
Je m'enquille à la fin de
ce petit groupe, et bizarrement, au lieu
de tourner à droite au premier
giratoire, ils prennent à gauche... je me dis simplement qu'il y a
un truc que je n'ai pas dû suivre la veille au soir... ce n'est
qu'une fois arrivé sur une voie rapide que je comprends que l'on ne
parlait pas du même hôtel!
Dode va
à El Bruc mettre sa moto sur
remorque!
Quel abruti je suis, je
n'ai pas posé la bonne question! Je
pensais que tous viendraient assister au départ du cortège à
l'hôtel Dolce...
Tout
en cravachant mon
troupeau de chevaux, j'arrive à
retourner à l'hôtel Dolce sans me planter, faut croire que je
commence à connaître le coin... j'y
arrive à 7h58, juste à temps pour ne pas louper le départ, et
même un peu en
avance car l'hélico qui doit le filmer
est un peu à la bourre lui aussi... ouf!
Arrivé
le dernier sur le parvis,
je me retrouve au milieu des
motos de
tête.
Et le signal du départ est donné!
Un
gigantesque cortège
de CRF rouges s'élance sous un ciel lourd et
gris de gros nuages chargés de pluie.
Au moins 150 motos qui se déplacent en
convoi, c'est impressionnant
à voir dans ses
rétros!!
Pantalon enduro bien aéré
et caleçon long, je regrette assez rapidement d'avoir viré la
doublure thermique de
ma nouvelle veste tout en
roulant sur les voies rapides qui entourent Barcelone...
La
vitesse augmente en arrivant sur l'autoroute, mon Africa bouge un
peu... je regarde la vitesse affichée sur le GPS: 150km/h, c'est
donc plutôt
normal, surtout avec mes pneus orientés
TT!
Je
suis quand même bien content d'avoir
laissé mon gros top case dans la voiture de Lio, parce qu'en solo,
il offre une bonne
prise au vent!

Je garde le rythme, pas envie de me planter de
route, jusqu'à la station service d'autoroute où on abreuve nos
montures. J'en profite pour attraper un pull dans mon sac et vite
ajouter une couche sous ma
veste...
Sortir ensuite de l'autoroute
fait du bien, faut vraiment que je m'y sente obligé pour que j'y
roule. Nous rejoignons le bord de mer à Llançà, après plus de 200
kilomètres d'ennui... l'hélicoptère
nous y retrouve afin de capter
les images de ce long
cortège
qui ondule tel un serpent géant le long de la côte, jusqu'à
Argelès-sur-mer. Puis
on s'enfonce dans les terres vers l'ouest, se dirigeant vers une
saucée évidente: le ciel est si
chargé que le plafond nuageux est très
bas...
Ayant la trace du
parcours affichée sur le GPS, je me
rends bien compte que devant ça improvise pas mal... je ne comprends
pas grand chose aux choix d'itinéraires qui sont faits;
on file vers Perpignan, je me dis que c'est une bonne idée: avec
seulement 3
heures de sommeil, la fatigue de la semaine, le froid et
la pluie qui menacent, autant prendre l'autoroute et filer au plus
court vers Château Lastours!
Je
désactive donc
la navigation.
Et puis non, on repart
vers l'ouest, et on commence à se prendre de la pluie qui
mouille...
D'une manière générale, le
marseillais déteste la pluie, moi
ça me
casse le moral, j'ai toujours envie de
passer un savon à celui qui veut me faire prendre une douche,
et cette petite pluie fine qui
te trempe en voulant te faire croire qu'il ne pleut pas,
je la trouve hypocrite et n'aime
pas ça du
tout!
Et puis rouler
sur les routes mouillées avec mes pneus
à tétines que je ne connais pas dans ces conditions,
sur le moment je
trouve ça plutôt moyen... Je préférerais tester la conduite sur le mouillé un jour où il fait beau.
On
arrive à Millas, et à un stop du centre-ville, je vois une CRF
couchée sur la chaussée, en appui sur une de ses valises. Moto
relevée, tout le monde part à gauche vers
l'ouest en filant plein gaz,
certainement à cause de la fatigue et de l'envie d'en terminer vite
avec cet itinéraire de départementales...
Je
me dis que eux ont dû voir où était partie l'avant garde et leur
emboîte le pas, bien que je sois à moto.
Trois kilomètres
plus loin, je tombe sur une
bonne trentaine de motos
arrêtées. Je
pense qu'il y en a en réalité bien
plus, mais pour le coup, je ne veux pas
faire mon marseillais. Je
demande si quelqu'un a vu les autres partir dans cette direction...
ben non, personne...
Je recharge la trace dans mon GPS et
constate qu'on l'a récupérée, qu'elle
passe effectivement par Millas, mais bifurque
vers le nord en traversant la ville. Je rameute tout le monde, on se
regroupe, je guide ce qu'il reste du cortège, peut-être 50 machines
vers château Lastours... moi qui n'avait qu'une envie, me reposer
sur quelqu'un qui me guide,
je me rends compte qu'il reste 63
bornes à faire et que tous comptent sur moi pour se faire guider...
Les yeux brûlants et la tête comme une pastèque, j'arrive
enfin au château... mission
accomplie!!

Malgré les cafés et petit fours, il
me faut bien 20 minutes pour me
réchauffer... et pourtant avec quelques
petits fours, cela aurait dû être plus rapide. À
croire qu'ils étaient, tout
comme moi, éteints... ce
qui ne signifie pas qu'en temps normal je sois un allumé!
La
tramontane souffle avec force, je détache mon sac qui
rejoint mon top case dans la voiture de
Lio, qui a lui aussi rejoint Château
Lastours avec sa remorque.
On
s'apprête à prendre l'autoroute de Narbonne à Marseille avec Éric.
Blessdom, Bouste et Bro7 sont eux aussi presque prêts à partir de
leur côté...
Presque,
car l'Africa de Blessdom ne démarre plus!
Éric et moi leur
souhaitons bon courage: on a rencard avec Lio qui
est déjà
reparti
pour récupérer nos bagages sur Mars,
et on les abandonne donc...
on apprendra plus tard que Bouste a finalement remorqué Blessdom sur
25 bornes avec une corde, relais de
démarreur grillé!

Pour
Éric et moi,
c'est l'enfer sur les 100 premiers kilomètres
de la fin de notre périple, jusqu'à ce qu'on ne sente plus la
tramontane!
Lutant contre le vent qui souffle latéralement, avec
des rafales qui nous déportent aléatoirement sur l'autoroute, c'est
du grand stress, avec en plus la
fatigue qui ne cesse de croître au fur et à mesure que le temps
passe, qu'on sent que le temps s'écoule,
tout comme qu'au fur et à mesure que
le Tampax, autant
de sang ne s'écoule...
Désolé
si c'est de mauvais goût... je n'aime
pas de toute façon suivre les règles du bon goût! Enfin, non...
disons plutôt que ces rêgles sont périodiques...
Je
n'espère qu'une chose: ne pas enchaîner
avec le mistral en s'approchant de la Camargue, ce qui est
fréquemment le cas.
Mais finalement tout ira bien jusqu'aux
quelques kilomètres d'embouteillages
à l'entrée de Marseille, qui nous permettent
de faire croire que l'on
joue aux cobayes de la circulation interfiles, alors que cela fait un
bail qu'il est impossible de se déplacer autrement dans le coin en
deux roues...
Lio
est passé par Aix rendre à JMB le sac qu'il lui avait confié, puis
fait le crochet par chez moi pour déposer mes affaires et celles
d'Éric.
Fin de l'événement, fin de périple... je n'ai qu'une
hâte: partager l'enthousiasme que j'ai eu à participer à cette
True Adventure aux collègues africatwinistes qui n'ont pas eu cette
chance!
Que de souvenirs!
J'ai
même pu suivre JMB pendant un très long moment sans JAMAIS
me faire décrocher, ce qui
n'est pas donné à tout le monde!
Bon
d'accord... c'était
en cortège sur l'autoroute, mais quand même!
Et
maintenant, quel est le programme?
Déjà,
dormir... ce serait pas mal...
Et
ensuite?
Partir en Africa Twin en
Afrique à Tataouine?
Et pourquoi pas?!!

Alain et Bouste, qui n'ont pas compté leurs heures,
qui ont déployé une énergie incroyable pour que tout se déroule au mieux!
(Eric aussi, mais il n'est pas sur la photo... il la prend!)
Un énorme MERCI à eux!!