Balades de FleePee





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Présentation Africa Twin CRF 1000 L
Du 9 au 16 Janvier 2016, Espagne...


Jour 7: L'heureux Tour...

    Après trois heures de sommeil, car je me réveille très tôt, on se prépare pour rejoindre l'hôtel Dolce.
Dode et
quelques autres sont prêts à partir, moi aussi.
- "Tu vas à l'hôtel?",
lui dis-je.

    Oui, il y va.
Je m'enquille à la fin d
e ce petit groupe, et bizarrement, au lieu de tourner à droite au premier giratoire, ils prennent à gauche... je me dis simplement qu'il y a un truc que je n'ai pas dû suivre la veille au soir... ce n'est qu'une fois arrivé sur une voie rapide que je comprends que l'on ne parlait pas du même hôtel!
Dode va
à El Bruc mettre sa moto sur remorque!
Quel abruti je suis,
je n'ai pas posé la bonne question! Je pensais que tous viendraient assister au départ du cortège à l'hôtel Dolce...

    Tout en cravachant mon troupeau de chevaux, j'arrive à retourner à l'hôtel Dolce sans me planter, faut croire que je commence à connaître le coin... j'y arrive à 7h58, juste à temps pour ne pas louper le départ, et même un peu en avance car l'hélico qui doit le filmer est un peu à la bourre lui aussi... ouf!

    Arrivé le dernier sur le parvis, je me retrouve au milieu des motos de tête.
Et le signal du départ est donné!
Un gigantesque cortège de CRF rouges s'élance sous un ciel lourd et gris de gros nuages chargés de pluie. Au moins 150 motos qui se déplacent en convoi, c'est impressionnant à voir dans ses rétros!!
Pantalon enduro bien aéré et caleçon long, je regrette assez rapidement d'avoir viré la doublure thermique de ma nouvelle veste tout en roulant sur les voies rapides qui entourent Barcelone...
La vitesse augmente en arrivant sur l'autoroute, mon Africa bouge un peu... je regarde la vitesse affichée sur le GPS: 150km/h, c'est donc plutôt normal, surtout avec mes pneus orientés TT!
Je suis quand même bien content d'avoir laissé mon gros top case dans la voiture de Lio, parce qu'en solo, il offre une bonne prise au vent!

    Je garde le rythme, pas envie de me planter de route, jusqu'à la station service d'autoroute où on abreuve nos montures. J'en profite pour attraper un pull dans mon sac et vite ajouter une couche sous ma veste...

    Sortir ensuite de l'autoroute fait du bien, faut vraiment que je m'y sente obligé pour que j'y roule. Nous rejoignons le bord de mer à Llançà, après plus de 200 kilomètres d'ennui... l'hélicoptère nous y retrouve afin de capter les images de ce long cortège qui ondule tel un serpent géant le long de la côte, jusqu'à Argelès-sur-mer. Puis on s'enfonce dans les terres vers l'ouest, se dirigeant vers une saucée évidente: le ciel est si chargé que le plafond nuageux est très bas...

    Ayant la trace
du parcours affichée sur le GPS, je me rends bien compte que devant ça improvise pas mal... je ne comprends pas grand chose aux choix d'itinéraires qui sont faits; on file vers Perpignan, je me dis que c'est une bonne idée: avec seulement 3 heures de sommeil, la fatigue de la semaine, le froid et la pluie qui menacent, autant prendre l'autoroute et filer au plus court vers Château Lastours!
J
e désactive donc la navigation.

    Et puis non, on repart vers l'ouest, et on commence à se prendre de la pluie qui mouille...
D'une manière générale,
le marseillais déteste la pluie, moi ça me casse le moral, j'ai toujours envie de passer un savon à celui qui veut me faire prendre une douche, et cette petite pluie fine qui te trempe en voulant te faire croire qu'il ne pleut pas, je la trouve hypocrite et n'aime pas ça du tout!
Et puis
rouler sur les routes mouillées avec mes pneus à tétines que je ne connais pas dans ces conditions, sur le moment je trouve ça plutôt moyen... Je préférerais tester la conduite sur le mouillé un jour où il fait beau.

    On arrive à Millas, et à un stop du centre-ville, je vois une CRF couchée sur la chaussée, en appui sur une de ses valises. Moto relevée, tout le monde part à gauche vers l'ouest en filant plein gaz, certainement à cause de la fatigue et de l'envie d'en terminer vite avec cet itinéraire de départementales...
    Je me dis que eux ont dû voir où était partie l'avant garde et l
eur emboîte le pas, bien que je sois à moto. Trois kilomètres plus loin, je tombe sur une bonne trentaine de motos arrêtées. Je pense qu'il y en a en réalité bien plus, mais pour le coup, je ne veux pas faire mon marseillais. Je demande si quelqu'un a vu les autres partir dans cette direction... ben non, personne...
    Je recharge la trace dans mon GPS
et constate qu'on l'a récupérée, qu'elle passe effectivement par Millas, mais bifurque vers le nord en traversant la ville. Je rameute tout le monde, on se regroupe, je guide ce qu'il reste du cortège, peut-être 50 machines vers château Lastours... moi qui n'avait qu'une envie, me reposer sur quelqu'un qui me guide, je me rends compte qu'il reste 63 bornes à faire et que tous comptent sur moi pour se faire guider... Les yeux brûlants et la tête comme une pastèque, j'arrive enfin au château... mission accomplie!!

         

    Malgré les cafés et petit fours, il me faut bien 20 minutes pour me réchauffer... et pourtant avec quelques petits fours, cela aurait dû être plus rapide. À croire qu'ils étaient, tout comme moi, éteints... ce qui ne signifie pas qu'en temps normal je sois un allumé!
La tramontane souffle avec force, je détache mon sac qui rejoint mon top case dans la voiture de Lio, qui a lui aussi rejoint Château Lastours avec sa remorque. On s'apprête à prendre l'autoroute de Narbonne à Marseille avec Éric.
Blessdom, Bouste et Bro7 sont eux aussi presque prêts à partir de leur côté..
.
Presque, car l'Africa de Blessdom ne démarre plus!

    Éric et moi leur souhaitons bon courage: on a rencard avec Lio
qui est déjà reparti pour récupérer nos bagages sur Mars, et on les abandonne donc... on apprendra plus tard que Bouste a finalement remorqué Blessdom sur 25 bornes avec une corde, relais de démarreur grillé!

    Pour Éric et moi, c'est l'enfer sur les 100 premiers kilomètres de la fin de notre périple, jusqu'à ce qu'on ne sente plus la tramontane!
Lutant contre le vent qui souffle latéralement, avec des rafales qui nous déportent aléatoirement sur l'autoroute, c'est du grand stress, avec
en plus la fatigue qui ne cesse de croître au fur et à mesure que le temps passe, qu'on sent que le temps s'écoule, tout comme qu'au fur et à mesure que le Tampax, autant de sang ne s'écoule...
Désolé si c'est de mauvais goût... je n'aime pas de toute façon suivre les règles du bon goût! Enfin, non... disons plutôt que ces rêgles sont périodiques...

    Je n'espère qu'une chose: ne pas enchaîner avec le mistral en s'approchant de la Camargue, ce qui est fréquemment le cas.
Mais finalement tout ira bien jusqu'aux quelques kilomètres d'embouteillage
s à l'entrée de Marseille, qui nous permettent de faire croire que l'on joue aux cobayes de la circulation interfiles, alors que cela fait un bail qu'il est impossible de se déplacer autrement dans le coin en deux roues...
Lio est passé par Aix rendre à JMB le sac qu'il lui avait confié, puis fait le crochet par chez moi pour déposer mes affaires et celles d'Éric.

    Fin de l'événement, fin de périple... je n'ai qu'une hâte: partager l'enthousiasme que j'ai eu à participer à cette True Adventure aux collègues africatwinistes qui n'ont pas eu cette chance!
Que de souvenirs!
J'ai même pu suivre JMB pendant un très long moment sans
JAMAIS me faire décrocher, ce qui n'est pas donné à tout le monde!
Bon d'accord...
c'était en cortège sur l'autoroute, mais quand même!

Et maintenant, quel est le programme?
Déjà, dormir... ce serait pas mal...

Et ensuite?
Partir en Africa Twin en Afrique à Tataouine?
Et pourquoi pas?!!

Alain et Bouste, qui n'ont pas compté leurs heures,
qui ont déployé une énergie incroyable pour que tout se déroule au mieux!

(Eric aussi, mais il n'est pas sur la photo... il la prend!)


Un énorme MERCI à eux!!

                                      
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