Balades de FleePee





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Chez les Ibères en Hiver!
7-19 Janvier 2017


A l'Aube du Sixième Jour...

  

    J'aurais pu décoller avant 9h ce matin, mais bon... l'ambiance est glaciale, le vent ne s'est pas calmé et secoue ma tente avec force... alors, je suis bien, là, au chaud dans mes duvets, et je n'ai aucune envie de sortir affronter le froid et le vent!
    Le premier café, je le fais donc dans la tente, et me bois un café au lit!
C'est bon, ça!!
Pour le deuxième, après toilette et emmitouflage, j'essaie de trouver un endroit un peu abrité à l'extérieur... pas facile, et je n'ai aucune envie de mettre le feu à la forêt!
Je plie le camp et attends un peu en me faisant un dernier café que le soleil se pointe.
Oui, je sais, je suis caféïnomane...
Et puis, je dois bien dire que le paysage qui petit à petit s'éclaire sous les rayons du soleil, c'est joli, alors je profite un peu de ces moments paisibles...

    

    La veille au soir, je me suis occupé...
Réparation de la cigarette électronique, d'une branche de lunette cassée. J'ai beau avoir limé l'arrête de la cassure, elle m'irrite toujours l'oreille. Un coton tige formé au briquet, un peu de scotch et hop! C'est parfait!
Et puis aussi, je colmate, toujours au scotch US la poche à eau du Camelbak qui est percée et fuit un peu...
Le scotch américain, ça sert à tout!
(et tient toujours après mon retour!)

    Je suis enfin paré au départ, et une fois passée avec précaution la zone de terre meuble, je me retrouve rapidement sur un vrai boulevard au milieu des collines couvertes de pinède, avec des paysages magnifiques sous les yeux, et ce ciel bleu limpide...
Rhaaaa! Lovely!
Toutes les 30 secondes j'ai envie de m'arrêter faire des photos, je suis euphorique!

         

    J'arrive ensuite dans les plaines arides.Les sierras autour donnent envie d'aller y rouler, mais j'hésite: j'ai envie de tracer, je suis parti tard et veux rejoindre Tabernas le soir... alors je fais de la petite route où je ne croise pas un chat, puis de la plus grosse, où les chats se font applatir. Je passe au sud de Totana, rejoins Lorca.
je circule sur la grande avenue qui traverse la ville, scrutant de chaque côté les nombreuses boutiques au cas où j'en verrais une de cigarette électronique, mais c'est sans succès.
    Et à une intersection, je vois 4 ados dans des volutes de vapeur, assis sur leur scooter... je freine et les branche en anglais. Marrant, il y a en a un qui a tout de suite remarqué que ma bécane n'a pas de sélecteur de vitesse!
J'attire la sympathie avec mon look et moto de baroudeur, et un d'eux, après m'avoir dit que son scoot est mieux que mon veau, m'invite à le suivre jusqu'à l'unique magasin de vapotage de la ville.
    Effectivement, il se faufile plus facilement avec sa sauterelle dans la circulation encombrée, mais il est gentil avec moi et m'attends sans griller de feu rouge. On arrive au magasin, juste à côté du Palacio de Guevara.
Le proprio est un biker qui roule en Harley, je lui explique mon histoire, il me vend un truc qui s'adaptera, le gamin finit par retourner à l'école...


Palacio de Guevara

    Lorca, c'est mignon tout plein, alors comme mon estomac crie famine alors que je fais la sourde oreille sous le prétexte qu'avec mes bouchons d'oreille je ne l'entends pas, je me décide toutefois à faire une pause tapas en terrasse, à la suite de laquelle, tant qu'à être stationné juste en face, je passe dans une boulangerie prendre de quoi manger pour le soir.
Et c'est reparti!

    J'ai entré un point sur mon GPS qui me permettra de rejoindre Tabernas, avec tout un tas de pistes qui s'offriront alors à moi. Je roule donc sur la A334, sur une grande ligne droite, et le GPS m'indique de bifurquer vers La Alfoquia. Je mets mon cligno, me mets sur la file "tourne à gauche", avec une voiture de police arrêtée à l'intersection. Je passe, lentement, mais sans m'arrêter alors qu'il y a un stop marqué au sol... Le flic me klaxonne, il fait une tête de pas content du tout...
    Je poursuis pépère, hausse les épaules en disant tout haut: "Ben quoi? qu'est-ce qu'il y a?"
Sur les 2 kilomètres de cette longue ligne droite (suis allé mesuré sur google earth!), il n'y a personne en face, j'ai largement le temps de passer, non?
Je roule tranquillou au cas où, regarde dans mon rétro... j'y vois la bagnole du flic se rapprocher à grande vitesse...
Et merde... je suis tombé sur un con!

    Je continue de respecter les limitations de vitesse, 90, 70, puis 50 km/h.
A l'américaine, d'un coup de sirène et au haut-parleur, je comprends qu'il m'intime l'ordre de m'arrêter, même si je ne pige rien à son annonce...
Ce que je fais illico et sur une place de stationnement, on est à l'entrée du bled...
Sa voiture est toute proprette, son uniforme repassé et bien ajusté, ses chaussures bien cirées, ses cheveux courts et sa barbe taillés avec soin... ce petit bonhomme aux Ray-ban à montures dorées vissées sur le nez se la joue vraiment superflic à l'américaine.
    Il s'adresse à moi, en espagnol forcément, et je lui réponds que "non habla espagnol". Il doit être habitué à faire chier les touristes, puisqu'il appelle illico, et sans fouiller dans les contacts de son téléphone, un traducteur avec qui je discute en anglais.
    Je repasse le téléphone à ce flic à tête de bon gros connard, qui doit être frustré par sa taille et celle de sa bite, et qui n'en éprouve pas moins un besoin irrépressible d'enculer les étrangers.
- "vous ne résidez pas en Espagne, il faut payer tout de suite! Un stop, c'est 100 euros, en liquide, et maintenant!"

    Abus d'autorité manifeste...
Petit malin! C'est comme ça que tu gonfles ton salaire de misère?
Ben, moi, j'ai décidé de tout tenter pour ne pas payer!
100 euros, c'est 4 pleins et de la bouffe pour 3 jours, autant de jours de balade en moins, au bas mot...
Ah non, alors!!!
Hors de question que cet abruti me pourrisse mes vacances!

    Par 3 fois, il me passe son phone avec son traducteur en ligne, à qui je finis par dire que le flic en question est un "Wanker", même lui est désolé de ce qui m'arrive et s'en excuse, mais il n'est pas de la police, ce britannique est simplement traducteur pour l'administration de la région. Je n'ai pas voulu aller jusqu'à "Mother fucker", le petit playmobil intransigeant aurait peut-être pu comprendre...
    Très agressif avec moi pendant toute la durée de l'histoire, tentant de m'intimider alors que je reconnais tout mes torts et lui demande simplement d'être indulgent, il m'envoie chier d'un revers de la main et d'un regard énervés dès que je m'approche de lui alors qu'il me semble être en communication avec sa hiérarchie...
    Discrètement, je le prends en photo, regarde aussi combien j'ai en liquide sur moi au cas où, car lorsque je l'ai entendu parler d'immobilisation du véhicule, j'ai commencé à fleeper, je l'avoue...
    Il finit par sortir de sa bagnole, visiblement très énervé, alors que j'ai mon porte-billets à la main, pour me dire que "comme il n'est pas dans la capacité de dresser le PV sur le bord de la route, je peux continuer ma route"...
- "Muchas muchas gracias!", lui réponds-je, mais il n'en a cure et repars en trombe tenter de trouver un autre pigeon...

    J'en grille une, m'équipe lentement et suis le GPS.
Je recroise l'abruti de service en service après être sorti du village... il descend la colline en trombe et limite d'adhérence dans une courbe... certainement une prise d'otages sanglante à gérer à La Alfoquia, la ville des fuckers...
Benvinguts en Andalucia!!
Hijo de puta!

    Je surveille mes rétros pendant 2 minutes, je me méfie des cons, tout est possible avec eux et encore plus lorsqu'ils portent l'uniforme... mais je suis enfin seul et enfin tranquille!
Je suis au final plutôt content de moi... comme quoi, faut pas se laisser faire, même si je me demande en roulant si j'ai bien tout compris et si je ne trouverai pas un courrier de sa part à mon retour en France, vu qu'il avait eu en main tous mes papiers et qu'il les a gardés jusqu'à la fin...

    Hop!
Une petite incartade sur les pistes pour penser à autre chose, et je découvre que les figuiers de barbarie, ça peut se cultiver!!
Du coup, je me cultive aussi...

    Et puis chemin faisant, je tombe sur ce panneau, qui m'interpelle... alors je suis allé voir!

    Des pistes dans le coin, il y en a un paquet, mais je fais demi-tour et rejoins la route alors que j'ai le sentiment que je risque de galérer en continuant plus loin sur cette piste qui se dégrade, seul au milieu de nulle part... mais c'était bien sympa!

         

    J'ai du mal à imaginer, vu les sols et la végétation, la température qu'il doit y avoir en été dans ces coins...
Je me goure de route, alors je prends encore une piste sur quelques bornes pour me faire une pause dans le vent au milieu de rien... j'adore!

    

    Arrivé à Lubrin, une jolie bourgade accrochée dans la pente du relief, sur un demi-tour tendu dans une ruelle pentue, étroite et en cul-de-sac, l'alimentation de mon GPS ne fonctionne plus; la manoeuvre a dû tirer sur les fils... je me fais une pause à la terrasse d'un bar, où je fais aussi le plein d'eau, et répare ça avant de repartir, parce que sur ce trip et avec seulement une carte papier pas détaillée, je galérerais sans GPS!

J'arrive enfin à Tabernas... les paysages sont magnifiques!

    

    Je file sur une piste pour trouver un lieu de bivouac pour la nuit, quelle régalade!
Quel dépaysement au milieu de ces grands espaces!

    

    Mais la première piste sur laquelle je m'enfonce finit par devenir très sablonneuse, je me fais quelques chaleurs sans cependant tomber, je fais demi-tour pour continuer à me faire des chaleurs... j'ai envie de camper au pied de ces reliefs, je devrais pouvoir facilement trouver des endroits abrités du vent, vu sa direction.
    Je descends dans la plaine que l'on voit sur la dernière photo, après quelques kilomètres de pistes qui me donnent encore bien chaud!
Mais quand je vois ce lieu, avec son palmier, allez hop!
Ce sera là, le bivouac du soir!
J'adore! Qu'est-ce que c'est beau!
Et surprenant de se sentir aussi petit au milieu de ces paysages grandioses!
Pas étonnant que des films comme "Conan le barbare", "Il était une fois dans l'ouest" ou "Le bon, la brute et le truand" aient été tournés ici!

    

    Trempé de sueur, je me change après toilette, puis mange chaud...
20h... C'est l'heure de se coucher... le vent fait bruisser les feuilles du palmier, il y a plein de cris d'animaux inconnus autour de moi, je fais sécher la sueur des bottes, chaussettes, pull polaire
, veste et casque dans la tente... il me tarde demain de partir explorer le coin!!


Distance parcourue: 251 km
Temps de parcours: 7h30

Bonne nuit!

Demain est un autre jour!


       
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