A l'Aube du Septième Jour...

Je décolle de plus en plus tard!
Aujourd'hui, en même temps, je m'en fous bien pas mal...
Déjà, j'fais
c'que j'veux, et j'ai donc décidé de me faire
plaisir, de ne pas
faire un gros kilométrage, mais d'en faire le plus possible sur
des pistes, en cow-boy solitaire sur sa monture mécanique...
Les rayons
du soleil arrivent enfin jusqu'à moi, ceux des roues n'ont pas
bougé... je suis dans un lieu magnifique, alors je profite, sans
me presser pour le démontage, de la quiétude du soleil levant... j'admire le
paysage dépaysant qui m'entoure.
Faut dire que ça déchire la rétine!

ça c'était hier soir, mais c'est à contre-jour ce matin...

Bon... c'est le moment du départ, et de se concentrer un peu
avant d'aborder la piste de sable qui m'a amené jusqu'ici la veille...
Lio m'a parlé d'un village western dans le coin, ancien
décor de cinéma, et j'ai bien envie d'aller jeter un
oeil. Je m'imagine arriver dans l'allée centrale d'un bled du
Far-West, garer ma monture devant le saloon, en pousser les demi-portes
battantes pour aller boire un verre...
J'arrive à Tabernas, fais le plein d'eau à cette fontaine
sans déranger le chat, et quelques courses au supermercados...

Je file vers le "Texas Hollywood" que j'ai vu au loin, prends une piste
pour m'y rendre, mais en fin de compte, j'arrive devant une
guérite qui en conditionne l'entrée, avec un tarif
affiché de 18,5€...
Je reprends la piste en sens-inverse et me casse de là...

Envie
de bourlinguer dans la sierra Alhamilla, au sud de Tabernas, je fixe un
point sur mon GPS en plein milieu. C'est clair que ça donne
envie!!

Je suis les indications du GPS, mais je le pousse à improviser
et me retrouve à l'entrée d'un deuxième faux village du
Far-West, érigé dans ce qui ressemble plus à un
parc d'attraction que celui d'avant.
Ce n'est pas pour ça que
j'ai plus envie d'y aller...

Je m'autorise à déclarer mon véhicule
autorisé à circuler sur la piste réservée aux véhicules autorisés qui longe le faux
village, et comme l'abbé bête, je monte, je monte, je monte!
Pendant des bornes et des
bornes, de plus en plus haut... les panoramas sont gigantesques et splendides!


Veste ouverte et posée sur la moto pour qu'elle sèche au vent et au soleil, je suis en T-shirt!
Arrivé tout en haut, je passe sur le versant sud de la sierra,
avec la mer au fond, les serres, serrées dans la plaine, qui
brillent au soleil... mieux vaut d'ailleurs les voir de loin...
Je prends une piste qui descend à travers la pinède,
arrive à un cul-de-sac, explore toutes les bifurcations
aperçues auparavant, mais impossible d'arriver dans la plaine
par là... Je suis un peu déçu, mais cependant ces
pistes sont magnifiques, et cela ne me dérange pas de m'y perdre
un peu...

Je
remonte tout en haut, jusqu'à l'observatoire que l'on voit sur
la dernière photo, mais je respecte le panneau que j'y trouve,
et c'est bien dommage, car la piste a l'air bien sympa... impossible de
voir sur les photos à quel point tout cela est immense.

Je me fais une partie de la descente et le tour de la sierra par le versant nord, j'improvise et jardine un
peu, et c'est très sympa aussi... quelques
kilomètres au cours desquels je me fais une pause
casse-croûte avec séchage des fringues, parce que je me
fais toujours de bonnes suées dans cette sierra, n'ayant pas
envie d'enlever et remettre la très efficace doublure thermique
de ma veste tout au long de la journée... car même si le
soleil est bien là, tout comme le vent, et bien l'air
effraie; cela doit être la raison qui fait que j'ai un peu peur
de prendre froid...
Je passe à côté de Huebro,
très joli pueblo accroché à la pente, avant
d'arriver dans la plaine par le bitume...


Je traverse Nijar, n'y croise ni oies, ni jars, c'est un fait avéré...
Blessdom, m'a parlé du parc national Cabo de Gata et d'un petit
hôtel sur la côte à La Isleta, il faut que j'aille
voir tout ça!
Je traverse donc rapidos la plaine et ses serres, me jette sur une
piste au pif... ce n'est pas la bonne, mais la suivante me permettra de
bien me perdre...
Je n'arrive plus à ressortir de l'endroit
où je me suis jeté... j'atterris dans de vastes champs, une
mine abandonnée, moult impasses...


J'ai
repéré pas mal de coins où je pourrais bivouaquer,
mais il est encore tôt, je suis près de la
Méditérranée et de La Isleta, je vais donc aller
voir à quoi ressemble la pension du bord de mer... ça ne
me dérange pas de camper ce soir dans des coins aussi
dépaysants, mais après 6 nuits en bivouac, je n'ai rien contre le confort d'une chambre
non plus!

J'arrive à la pension... 30€ la chambre en janvier, je prends!
Pour une nuit, peut-être deux... je verrai ça plus tard...
Le temps que j'amène mes bagages dans ma chambre, le ciel s'est
tout couvert, ça m'inquiète un peu pour le roulage du
lendemain... mais finalement, le vent, qui, si vous avez tout bien
suivi depuis le début, souffle depuis le commencement de mon
périple, dégage vite le ciel et c'est tant mieux!
Car plutôt que de me jeter prestement sous la douche, je glandouille
gentiment sur ma terrasse avec vue mer et abritée du vent, les
pieds sur la table, m'abreuvant de la bière que j'avais avec moi en
cas de bivouac, avec le soleil qui me chauffe...
Dediou! Que c'est bon!!

Mais
dès que le soleil disparaît à l'horizon, je file me
doucher, me récurer, me raser.
Je dois bien reconnaître
que cela fait du bien!!
Je fais même une lessive que je
répartis autour du radiateur à bain d'huile...
Apéro au comptoir, repas au resto avec la
télé et le son à donf, retour dans ma chambre...
Je jette un oeil sur mon GPS pour envisager des itinéraires pour
le lendemain, et puis... télé...
Oh, misère!

Distance parcourue: 105 km
Temps de parcours: 7h26
Bonne
nuit!
Demain
est un autre jour!