Et puis, tout
en descendant dans une cuvette, je vois la piste remonter à
droite dans la végétation, avec une bonne pente et de
grosses caillasses... ça doit être là, le truc à
passer, ça ressemble assez bien à la description faite...
Je ralentis pour laisser plus de distance entre Dudu et moi, car je
n'aime pas rouler sur mes camarades s'ils se retrouvent au sol...
ça ne m'est jamais arrivé, mais bizarrement, je n'ai
aucune envie d'en faire l'expérience.
Je m'élance dans la montée, quasiment
sans élan, ni caribou ou orignal, d'ailleurs; on n'en trouve pas
dans ces contrées.
Je veux recouper la piste pour éviter des branches et une
ornière, mais je n'arrive pas à remettre la bécane
suffisamment vite dans le sens de la montée pour ne pas sortir
de la piste... je vois quelques gros blocs ressortir du sol, je coupe
les gaz, et donc m'arrête dans un petit buisson et la caillasse du bord de piste, en pleine montée...
Et merde!
Je tente de repartir, mais dans la pierrasse et la pente, je manque de me vautrer comme une bouse molle.
En prenant un peu de recul, je pourrais me relancer dans la
montée en coupant la piste. Ce n'est pas que ce soit très
raide, mais la motricité avec un engin de 250 kilos est nulle
sur ce sol... Les roues enfoncées dans la pierrasse, je ne peux
même pas béquiller et descendre de la bécane, mes
bottes ripent sur les pierres maousses qui roulent et n'amassent pas
mousse...
Bro7 et Maxou sont à la rescousse, je me
laisse aller au confort
de leur aide. Ils maintiennent la moto pendant que je me laisse glisser
en
arrière... je me replace pour ne pas me faire emboucaner et
prendre un peu plus d'élan. Et pourtant, l'élan
boucané est très riche en protéines...
J'en aurais bien besoin, je ne mange pas le matin, même si je me suis un peu forcé aujourd'hui!
C'est reparti!
ça tabasse, je zigzague un peu sur la piste, le Traction Control
laissé en position la plus faible se déclenche souvent,
mais je finis par atteindre le sommet de la montée et rejoindre
les collègues... Ahhhh... ouf!
- "ça a été Philippe?, dit Dudu...
-
"Ben... j'ai fait un stop!"
Le reste du groupe suit...
Plus loin, on squatte l'ombre de deux arbres, les 4x4 sont avec nous,
Maxou bricole la fixation de son silencieux un peu bruyant... sa plaque
d'immatriculation s'est fait la malle hier, il roule incognito, bien
que sa brêle soit unique...
On se fait ensuite une magnifique piste qui descend vers les gorges de la Dourbie.
On s'en prend plein les yeux, c'est un site incroyable de beauté!
Je connaissais depuis la route qui y serpente au fond, mais de haut et sur la piste, que c'est beau!!
Manque de bol, j'ai la caméra en charge dans mon sac à
dos, je demande à Jo qui est juste devant s'il filme.
Quelques centaines de mètres plus loin, il ralentit,
jusqu'à s'arrêter: crevaison de la roue arrière...
Il poursuit jusqu'à une zone d'ombre juste avant de retomber sur le bitume, bien plus confortable pour
la réparation; aux environs de midi en plein soleil, ça
cogne!
Je fais demi-tour avec l'intention de remonter le
chemin et de le reprendre en filmant, mais le 4x4 de François
est arrivé et bouche la piste. Je ne veux pas faire mon
pénible, alors je reste là, à faire de la
figuration.
On est nombreux, on se croirait sur un chantier de la DDE!
Un beau et long clou s'est planté dans le pneu de Jo!
Encore un coup des randonneurs, puisque, c'est bien connu, ils en
balancent souvent sur les pistes, car à la ville comme à
la campagne, les piétons sont très disciplinés et
ne traversent QUE sur les clous...
Les randonneurs, c'est bien tous de gros pédestres!
Et les randonneurs de leçons, c'est pire encore...
On repart et on arrive à une jolie petite
église au milieu de quelques bâtiments en ruine.
-
"C'est grosse ou petite pause, ici?", m'enquiers-je, pour savoir jusqu'où je peux me débarrasser de mon équipement...
-
"Ben... c'est le bivouac, ici..."
-
"Ah ouais?... c'est d'enfer!"
Tu m'étonnes, l'endroit est parfait: de l'herbe et un sol plat, et un point d'eau bienvenu!
On mange tranquillement, et puis, plutôt que de repartir rouler
ou de s'installer, on décide d'aller se faire la balade à
pied vers un belvédère tout proche. Tous sauf Jo, qui va
garder nos affaires éparpillées et aboiera si un malotru
s'approche...
Mais je suppose qu'il a dit ça pour nous faire
marcher, alors c'est ce que l'on part faire pour parfaire cette belle
journée, pas trop crevante... oui, sauf pour le pneu de Jo...
Tiens, c'est pas con... tant que j'y pense et puisque je vais randonner
un peu à pied, je prends quelques clous avec moi pour pouvoir
traverser les pistes en toute sécurité...
Arrivés au belvédère, on s'esbaudit tous devant la vue qui s'offre à nous...
On passe au retour par le "champignon préhistorique", que l'on mitraille, sous la surveillance d'un couple de vautours.
Je suis mort mais n'ai que peu utilisé le robinet au bivouac,
donc je ne suis pas propre et l'expression est à prendre au
figuré, tant pis pour les vautours!
Retour au bivouac, on installe enfin notre camp, car
maintenant qu'il y a moins de gros pédestres dans le coin, on
sera plus discret quant à nos intentions...
Pierre/Pierrot/Lom2Lyon/Cunette gère les soucis de GPS et d'ordi, sort le rhum... ou comment se rendre indispensable!
Apéro et repas du soir, bonsoir...
Le ciel s'est couvert, mais la Lune veille... qu'est-ce qu'on est bien, ici!