Troisième Jour...
Aujourd'hui, on a décidé de se
séparer en deux groupes de motos, un rapide et un moins rapide,
parce que je ne veux pas dire lent... sans être rapide, le
deuxième groupe ne se trainera pas pour autant...
On se retrouve donc à 5, Jo, Hervé, Dudu, Kajo et moi...
on rejoint la route de Millau, où se trouve la première
station nécessaire pour faire le plein du petit réservoir
du 125 d'Hervé. Le ciel est gris, chargé de nuages, la route est trempée et on
se prend quelques gouttes en chemin... cela semble mal engagé
question météo...
Je serre l'FS, pas envie de rouler sous l'O...
J'ai la moitié du plein, et contrairement
à mes camarades, je ne fais pas l'appoint de carburant,
puisqu'il faudra de nouveau faire le plein du 125 d'ici 130
kilomètres. Après avoir attendu que tous remplissent leur
réservoir, j'hésite à le faire aussi, mais je ne
veux pas faire perdre 5 minutes de plus au groupe, alors je me dis que
je ferai du jus en même temps qu'Hervé. En attendant, cela
fera
toujours ça de poids en moins à trimbaler sur les
pistes...
On reprend la même route pour
récupérer la trace, et il eut été
franchement dommage de ne pas faire cette partie de l'itinéraire
tant c'était beau... ouvrant la marche, je fais fuir deux
chevreuils qui paissent impassibles et paisibles jusqu'au passage
vrombissant de nos vives montures dociles et graciles.
On passe sous un ancien viaduc ferroviaire où circulent désormais des vélos-rails, on
se fait une petite pause juste au-dessus, dans un chemin. Je l'aurais bien faite un peu plus haut,
à la faveur d'un panorama, mais soit... pourquoi ne pas la faire
ici?
On monte dans la colline en croisant quelques vaches baguenaudant sur le chemin étroit...
Et tout à coup, le chemin se met à monter droit dans la colline sur un épais tapis de pierrasses...
Je suis un peu surpris, je n'ai pas assez d'élan et je finis au
bout de multiples rebondissements par me tanker en bord de piste.
Le groupe me double dans la montée, interdiction de s'arrêter en cours!
J'arrive à repartir relativement facilement,
merci le Traction Control, mais je tombe sur Dudu et Kajo, arrétés... le
premier, qui était deuxième en première, se retrouve bloqué
derrière le deuxième, qui était premier en seconde, et qui s'est
arrêté au niveau de marches pas évidentes à
passer...
On imagine mieux le truc avec ces images, et encore...
Le style de piste où je ne me lance pas si je roule seul...
Jo et Hervé sont passés, ils nous rejoignent pour aider Kajo à repartir.
Puis, j'y vais à mon tour, je suis mieux placé que
Dudu... c'est le rodéo assuré en passant les chaos de
cette piste, et arrivé à un replat, alors que c'est tout
tranquille et qu'il n'y a plus aucune vraie difficulté, je
perds l'équilibre et tombe... et encore une fois, comme une grosse bouse... quoi que sans
trop me répandre non plus, à croire que je ne sois pas si
liquide que ça...
Il ne reste plus que Dudu à faire passer...
Pfiou!
J'aurais dû enlever casque et veste: je ruisselle...
Et puis forcément, quand on a monté, arrive inévitablement le moment où l'on va descendre...
La descente elle aussi sera délicate... longue, pentue, sur un
sol très meuble de grosses caillasses qui roulent sous la
pression du pneu avant, qui semble supporter seul tout le poids de
l'équipage...
Roue arrière souvent bloquée, je perds régulièrement l'avant dans la
pierrasse, ce qui provoque chaleurs et quelques passages
d'épingle en équilibre précaire...
On s'arrête pour la pause casse-croûte
à côté d'une rivière, après avoir
fait des courses dans un supermarché, 15 minutes
avant sa fermeture... heureusement que notre timing est bon, parce que vu la taille des patelins
du coin, on aurait eu quelques difficultés à trouver de
quoi nous ragaillardir. Opération séchage de sueur des équipements dans le vent et sous le soleil.
On repart sur les pistes en rotant au
taboulé, ce qui n'est pas très bon, mais meilleur que de
le vomir.
Dans une descente, je jette un oeil derrière moi pour
vérifier que tout aille bien; merde, on n'est plus que deux...
Arrêt, demi-tour pour trouver Hervé avec son pneu
arrière à plat... mieux vaut ça qu'autre chose; il
y a toujours l'appréhension que ce soit une chute qui stoppe le
groupe... je remonte un peu pour refaire
demi-tour...
Je n'avais pas eu le loisir de tourner la tête pour profiter un
peu du paysage... clic clac! C'est beau et dans la boîte!
Le vieux pneu
tout sec et récalcitrant ne veut pas quitter cette jante
avec laquelle il a déjà fait tant de tours de roue, et pourtant, il finit
par lâcher... lui assurer qu'il serait remonté lui a
regonflé le moral et la chambre à air.
Opportuniste, je
voulais récupérer une peau de mouton sur pieds pour la
mettre sur ma selle, mais le berger est arrivé avant que je ne
fasse un carnage avec mon petit couteau suisse...
Peu après, il est temps de refaire le plein du 125... j'aurais moi aussi un peu besoin de le faire!
Mais la station de Bédarieux est à 25 bornes par la
route, je n'ai aucune envie de faire l'impasse sur les pistes à
suivre...
Seul Jo se sent de venir avec moi pour poursuivre sur la trace, alors
on y part à deux, confiant que je suis de trouver facilement une
pompe en chemin...
On se régale, oui, mais au sortir de pistes,
l'ordinateur de bord me signale que je n'ai plus qu'un litre de
carburant...
Et je sais bien que ce n'est qu'une approximation!
On commence sérieusement à
réfléchir à rechercher une station au milieu de
la campagne déserte, il serait temps...
Deux chasseurs à l'entrée d'un bled m'indiquent qu'il y a
une station à La Salvetat, soit 18 bornes plus loin... cela fait
un petit moment que je roule à l'économie, ne
dépassant pas les 70km/h sur route, et qu'arrivent les premiers
hoquets du moteur, qui souffre d'être ainsi rationné...
Je poursuis; je vais pouvoir constater si la sobriété de ce 1000cm3 vantée par Honda est réelle...
Pendant les derniers 2500 mètres, je secoue la moto en roulant au cas où cela servirait à quelques chose...
On arrive enfin à la station, sans avoir eu
à pousser ou siphonner le réservoir de Jo, mais
c'était vraiment très juste; le mien est vide de chez
vide!
On se boit un verre en terrasse, et puis on reprend la route... c'est
fou comme ma bécane fonctionne bien quand elle peut se gaver
avec sa dose de sans plomb!
Du coup, je me fais plaisir à la pousser un peu sur ces larges routes que l'on emprunte jusqu'à Saint-Pons...
Mais je n'ai pas la trace intégrale du jour,
elle s'arrête justement à Saint-Pons pour mon GPS. J'y entre en
destination le waypoint du bivouac du jour.
Et on commence à se faire balader dans les collines!
Maintes fois, on fait demi-tour... le GPS veut absolument me faire
passer par un single étroit, sentier de randonnée au
milieu du maquis. Il est 19h, la fatigue se fait bien sentir, le jour
ne va pas trop tarder à laisser la place à la nuit...
La deuxième fois que je me retrouve à
l'entrée du single, je finis par m'y engager par dépit:
peut-être peut-on rejoindre la bonne piste en l'empruntant?... au
bout d'un moment à crapahuter en montée, à passer
des marches et éviter de gros blocs de roche, il est
évident que l'on s'est lancé dans une bonne
galère, mais maintenant qu'on y est, il faut bien que l'on
trouve un moyen de rebrousser chemin... pas chose aisée vu le
terrain et la largeur du sentier!
Jo fait tomber sa moto en manoeuvrant, je manque de
faire de même... dommage que l'on n'ait pas filmé ce petit
moment fort pas cocasse, mais les images, on a plutôt tendance
à les faire quand on est tranquille qu'en pleine galère!
Je me décide enfin à faire un point à l'aide du
GPS sur les pistes que je peux y voir... bon... si on rejoint
celle-là, on pourrait à priori retomber sur la bonne
piste...
Jo! On ne t'avait pas dit que rouler avec FleePee c'était un peu partir à l'aventure?!
Désolé de t'y avoir forcé!
Aux environs de 20 heures, on est donc les derniers à arriver au bivouac! Ouf!
Mais quel bivouac!
L'endroit est magnifique, avec un panorama
splendide, on s'y était déjà posé lors de
l'Ultimate Offroad Ride 2016.
Titi est venu nous rejoindre pour planter la tente, Bouste pour passer la soirée en voisin.
Grillades au menu ce soir, mais d'abord, c'est l'heure de l'apéro!
Encore une très belle journée à rouler...
Je regrette de ne pas en avoir d'avantage d'images, mais on ne peut pas tout faire!
Voir ou conduire, déjà, il faut choisir...
Alors conduire, voir et faire des photos...
VIVEMENT DEMAIN!