Balades de FleePee





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Chez les Ibères en Hiver...
Le Retour!

18-29 Janvier 2024


Premier et Deuxième Jour:
Restons en France!

 

Premier Jour

    J'aime bien quitter la ville équipé pour une expédition aventureuse...
Peut-être parce que j'aime ne pas faire comme les autres: j'ai toujours aimé ne pas travailler quand d'autres le font, travailler quand d'autres se reposent, partir à l'aventure en hiver quand d'autres sont contraints d'attendre l'été, me raser quand la mode est à la barbe... il n'y a que me laisser pousser les cheveux quand la mode est aux tontes que je ne peux plus faire... uniquement par peur du ridicule capillaire!
    J'emprunte les autoroutes urbaines et voies rapides jusqu'à Arles, où je coupe par la Camargue pour passer Montpellier. Avant mon départ, j'aurais aimé faire
au moins une petite sortie avec le XR, afin de reprendre un petit peu mes marques sur les comportements d'une bécane et de moi à son guidon en tout terrain... mais je n'ai pas créé d'occasion de le faire... du coup, j'appréhende mon arrivée sur les premières pistes, la qualité de mes réactions et maîtrise au guidon d'un bestiau lourd et plutôt bien chargé...
    Alors que j'en cherche une pour m'éloigner de la route et me faire une pause au calme, une piste se propose à moi... j'accepte sa proposition et la suis tout en douceur. Bon... tout va bien, hormis que le temps est tout gris et qu'il a plu récemment. Je sens les premières glisses du pneu avant dans la terre, dès qu'elle n'est plus agrémentée d'un peu de caillasse, ce qui me permet d'avoir un minimum d'accroche... pause sandwich au milieu d'un verger, donc!
Le ciel est gris, ma bécane est grise, et moi, aigri?
Pas du tout!

    

    Je pose mon casque ouvert sur le rétroviseur, comme d'habitude.
Sauf que d'habitude, je n'ai pas de manchons, c'est la première fois que je roule avec... je ne m'en rends pas compte, mais le casque n'est pas maintenu par le rétro: il est simplement posé sur le manchon... en manipulant la moto ou un des bagages, le casque tombe sur la piste et ses cailloux et y roule...
Damned!
Mon casque quasiment neuf se retrouve griffé, et bien sûr, je constaterai en l'enfilant que j'ai une belle rayure sur la visière juste en face d'un oeil... et merde, ça commence bien!
    Je repars, et mon pneu avant m'inspire toujours aussi peu confiance sur ces pistes humides; j'adapte mon rythme, freine de l'avant lorsque la moto est bien droite et ses roues bien en ligne...
J'ai décidé chemin faisant de rejoindre le village de Lagrasse, parce qu'il est très beau et paisible, mais aussi parce que je peux y récupérer la section 12 du TET français.
Je me laisse guider par le GPS, et à ma grande surprise, je me retrouve à Béziers!
Je n'ai rien vu de cela, mais il paraît que c'est une ville de sexe...
Si la Béziers, il est clair que c'est parce que la pinède!

    

    La première fois que je m'y étais retrouvé, c'était avec mon 125XLR...
Et à l'époque, il y a environ 30 ans, point de petit parc entouré de grilles au bord de l'Orb; j'y étais descendu en moto et m'y étais fait une pause très agréable... c'en est terminé de tout ça, mais j'y fait une pause quand même à l'entrée du pont, pendant laquelle, alors que je suis en plein roulage de clope, un jeune artisan vient me proposer une cigarette: "Il y a toujours une cigarette pour un collègue motard!"... je trouve ça très sympa, mais je refuse poliment; j'aime bien mon tabac à rouler!
Hop! Un plein et ça repart!

    

   J'atteins Lagrasse à 16h40 et me pose en terrasse pour un jus de fruit.
25 minutes plus tard, j'arrive sur les premières pistes du TET...
Par Toutatis, je suis tout happy!
Je ne vais pas pouvoir rouler beaucoup; le jour décline, il va vite falloir que je trouve un endroit pour bivouaquer...

        

    Je suis le tracé, mais à rouler tout guilleret et nez au vent sur cette belle piste roulante, j'ai loupé une bifurcation... je fais donc demi-tour pour revenir sur la trace...
Elle s'enfonce en montant dans la colline... vu le type de piste et la nature du terrain, qui me semble bien plus meuble et humide que sur la piste principale, j'ai un instant d'hésitation avant de me dire qu'il faut bien que je teste ce que je peux faire avec ma bécane chargée... mais je m'arrête en pleine montée, car la suite me paraît très hasardeuse pour mes capacités et surtout sans réelle mise en jambes... je crains de mal gérer, d'être trop timide ou au contraire trop téméraire, de me retrouver planté dans la terre, de perdre l'équilibre, de chuter...
Rien de très positif!
    Je m'étais dit avant de partir que face à une hésitation sur la décision à prendre, il faut que je me tienne de manière systématique à me fier à mon instinct et à l'écouter dès que que le doute qui m'habite dure... et là, ben... poursuivre sur cette piste, je ne le sens pas du tout!
Alors j'écoute mon ressenti: je n'ai vraiment aucune envie de gérer un plan galère à cette heure alors qu'il faut que je m'installe pour la nuit et que je commence tout juste à rouler sur les pistes... me planter maintenant, ce serait perdre confiance et conserver de l'appréhension à rouler pendant un bon moment!



    Sur cette piste étroite, je manoeuvre avec beaucoup d'attention pour faire demi-tour proprement dans le dévers de la montée.
Cela me prend un peu de temps, chi va piano va sano, et, comme pour le moteur, me fait un peu monter en température, mais moi je n'ai pas de ventilo pour la faire descendre... je m'attends à ce que l'arrière glisse et patine, mais me rends compte que ce pneu est pas mal du tout au final...
à Peine cinq minutes plus tard et à 17h32 précisément, j'ai trouvé mon lieu de bivouac!
Parfait!
La luminosité diminuait rapidement...

        

    17h55, le camp est monté, et je m'aperçois en l'attrapant que la bière que j'ai prévue pour fêter ma première installation s'est percée dans la sacoche... son doublage intérieur, s'il se nettoie c'est donc ton frère, et ça fait du bien car je me sens alors un peu moins seul.
    Un bon vent frais s'est levé, et après l'apéro et m'être couvert, je mange... j'ai à peine terminé mon frugal repas que quelques gouttes se mettent à tomber... avec le vent qui s'est renforcé, ce n'est pas idéal et je me réfugie dans la tente en espérant que ça ne dure pas trop... pour ma tranquillité nocturne dans un premier temps, mais aussi pour pouvoir aborder les pistes du lendemain sereinement!
Je verrai bien ce qu'il en sera et ferai avec, demain est un autre jour!




Itinéraire Jour 1: 361 km, 6h40

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Deuxième Jour

    Il fait à peine 2° ce matin, et avec un vent fort... je me gèle les mains!
Le reste est bien protégé... le réchaud dans ce vent n'est pas très efficace avec la cafetière italienne, et une fois le café fait, faut vite le boire si je veux le boire chaud...



    Finalement, il n'a pas beaucoup plu, tant mieux pour le roulage sur les pistes!
Avant de décoller, je passe pas mal de temps à trouver comment installer la caméra sur la moto: la seule solution avec les accessoires en ma possession est de la positionner sur le crash-bar droit.
Un premier randonneur arrive, me demande si je n'ai pas eu trop froid pendant la nuit à camper là, parce que lui, ça fait 30 minutes qu'il marche et n'arrive pas à se réchauffer... je lui répond que l'ambiance a été fraîche et humide, mais que ça va...
    Le ciel est toujours aussi gris, le vent ne chasse pas les nuages.
Je quitte mon coin de bivouac, avec pour objectif de rejoindre le bitume après mon bout de piste, faire le tour de la colline afin de retrouver le tracé du TET de l'autre côté.
Chemin faisant, je crois retrouver mon randonneur du matin, mais c'en est un autre. Il y a foule!
Les pistes sont humides, je ne me sens absolument pas en confiance tant ça glissouille allègrement... je roule sur des oeufs... pas des oeufs durs, des battus en omelette gluante
... je fais demi-tour alors que je m'enfonce au creux d'une colline et que je sens venir la misère à continuer... aucune envie de devoir rebrousser chemin plus loin dans du plus mou encore... prudence!
Et sur la redescente, une mignonne biche que j'effraie traverse devant moi et disparaît dans les bois.
Trop mimi!

        

    Une nouvelle fois, je rejoins le tracé du TET plus loin, tout en me délectant des paysages.
Je me fais une pause avec panorama avant d'entamer une descente. Je veux profiter de la pause pour observer sur le GPS où la trace passe.
Elle court au fond des vallons, avec apparemment une remontée qui s'annonce un peu raide. Vu comme c'est humide en haut, je me doute que tout en bas, ça va l'être bien plus, mais je veux bien aller voir ce qu'il en est vraiment et me faire une idée sur place.

         


    Arrivé tout en bas, j'ai confirmation: la piste ne m'inspire pas...
Elle devient plus étroite, s'enfonce sous les arbres, et surtout elle est de terre gorgée de flotte... je m'écoute donc à nouveau et fais demi-tour, la prudence reste de vigueur!
La longue remontée est un peu sportive, mais je suis très concentré et vigilant... petit à petit, je retrouve mes marques dans la conduite en TT avec mon sumo...
Sumo, oui, car mon destrier est d'origine japonaise et a le même embonpoint qu'un panzer teuton..
Je retrouve le tracé plus loin encore une fois, et passe au chateau d'Aguilar, que j'avais pu découvrir lors des Ultimate Offroad Ride.



    Peu après, je me réchauffe avec un double expresso à Tuchan.
J'y aurais volontiers mangé, mais la cuisine est fermée.
Et c'est depuis là que je lis que Laurence, une copine de lycée que je n'ai pas vue depuis 35 ans, m'interpelle sur Facebook:
- "Tu es dans les Pyrénées Orientales?"
Je lui réponds que je suis à Tuchan avant de reprendre la route.
Après quelques kilomètres, je trouve ça con de poursuivre sans avoir eu d'autre échange et m'arrête en bord de route. J'attrape mon téléphone, et effectivement elle m'a répondu être tout près... je l'appelle, ce serait l'occasion de se voir!
Et dans la conversation, je lui dis:
- "Je veux bien passer vous voir (elle et son mari), mais à ce moment-là, il faut que tu m'héberges..."
Prendre le temps de discuter, puis repartir pour trouver un bivouac
avant la nuit m'apparaissant infaisable...
Je suis donc invité chez eux, et fais un peu de tourisme avant d'y arriver, en passant notamment au château de Quéribus et en prenant quelques pistes...

         
          

    Ils sont vignerons, et me font goûter leur production bio, celle du domaine Rousselin.
Apéro, je profite de leur douche, pot-au-feu, discussion d'anciens combattants jusque relativement tard... je suis claqué!
Après une petite mais bonne nuit de sommeil au chaud, le soleil est de la partie et je profite de la vue sur le mont Canigou depuis leur jardin avant de décoller.
Merci de votre accueil, ce fut un plaisir de passer vous voir!

          

Ce soir, je dormirai en Espagne!
Aujourd'hui est un autre jour!



Itinéraire Jour 2: 112 km, 7h36


       
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