Quatrième Jour:
Journée Mitigée...

Voilà donc à quoi ressemblait mon bivouac de la nuit, je
n'ai pu en faire de photo que ce matin...
Au bord d'une grande clairière, avec la piste à une vingtaine de mètres à peine, masqué derrière le petit rideau d'arbre près duquel j'ai planté la tente.
Je suis en train de boire mon premier café
lorsque j'entends une voiture passer sur cette piste en ce dimanche
matin. Un 4x4, avec deux gars à bord, qui font le tour de la
clairière au ralenti, et m'observent de loin. Ils retournent se
positionner à 50 mètres de moi, à l'intersection
entre la piste et le chemin d'accès à cette
clairière, le moteur se coupe. 53 secondes plus tard, j'entends
un deuxième 4x4... bientôt suivi par un troisième...
Finalement, ça défile pas mal, je me
décale pour observer ce qui se passe pendant que mon
deuxième café est en cours de préparation... une
dizaine de véhicules et un troupeau de chasseurs sont
déjà là...
Je jette un oeil à mon téléphone; il me reste 54%
de batterie, je le range dans ma poche et commence à plier le
camp.
Vingt minutes plus tard, je le ressort: il est éteint, plus de batterie, et celle d'appoint se trouve être vide!
Bon, ok... mais c'est bizarre!
Je rechargerai le toutou enroulant...
Euuhh... non, ce n'est pas ça...
Je rechargerai le tout tout en roulant.
Je décolle enfin.
Lorsque j'approche des chasseurs, les saluant en roulant sur des oeufs,
c'est à dire de la terre bien humide et pas compactée,
ils me saluent, s'écartent en souriant... l'un d'eux vient me
dire que je n'ai vraiment pas les bons pneus pour le coin, et qu'il
garde un souvenir ému de son Africa 750. C'est donc un bon
chasseur!
On discute deux minutes et je trace.
Cette large piste est très sympa à faire au soleil levant, traversant une belle pinède.
J'ai bien fait de m'arrêter au premier coin trouvé, parce
qu'après le petit plateau où j'ai dormi, je redescends de
cette colline et atteins une zone habitée... beurk!

Je veux me faire la route fabuleuse longeant la côte entre Sant
Feliu de Guixols et Tossa de Mar, je prends une voie rapide pour
rejoindre rapidement, donc, Sant Feliu. Chemin faisant, je
décide d'intervenir sur mon GPS...
Il y a des coupures dans son alimentation, et à chacune d'elle,
un message s'affiche, me demandant s'il doit s'éteindre ou
rester allumé, avec un compte à rebours de 30 secondes...
C'est très pénible, surtout sur un chemin, debout sur la
moto, et que je doive m'assoir pour choisir d'un doigt qu'il reste
allumé...
Je sors de l'autovia à Calonge et m'installe.
En enlevant le scotch, je constate que la soudure du fil d'alimentation avant le fusible est rompue...
Coupe-ongles, couteau suisse, scotch US et un bout de fil électrique.
J'aime bien faire mon Mac Giver, même si je préfère ne pas avoir à le faire!
Je coupe 5cm de fil électrique que je dénude
entièrement, dénude un bout du fil d'alimentation, les
tresse.
J'enroule l'autre bout du fil dénudé autour de la soudure
près du porte fusible, maintien les deux côtés avec
des colliers, recouvre le tout de scotch US.
Je teste, et ça fonctionne!
Très content de moi, je repars!
J'arrive à Sant Feliu, et me régale sur cette route!
C'est magnifique, la large route au bitume parfait tournicote en
permanence le long de panoramas de fou, et on a beau être
dimanche, il n'y a pas de monde, même si je croise pas mal de
motards!
J'arrive à Tossa de Mar, fait quelques courses au supermercado.
J'essaie de rejoindre un resto où je m'étais posé
il y a 7 ans, au personnel très sympa, mais l'accès aux
véhicules est désormais interdit... avec tous mes bagages
amovibles, je veux avoir un visu de ma bécane quand je
m'arrête! Comme je suis un petit salopiot, je m'octroie tout de
même le droit d'y parvenir en passant par de petites rues
derrière le front de mer... peine perdue: le bar-restaurant est
fermé!
Alors, je me pose un peu plus loin, à
côté de la plage, et dévore un burger de la mort
qui tue!
Le grand soleil fait du bien, même s'il me fait aussi grimacer,
plisser les yeux et froncer les sourcils... je suis zen, même si
ce n'est pas probant sur la photo... ce qui est bon, c'est que je mange
en petit pull léger et que j'ai chaud!
Et que je peux me laver les mains et me passer un coup d'eau sur le
visage... les lingettes bébés, c'est bien pratique, mais
ça a aussi ses limites!

Je récupère ensuite l'autoroute de Barcelone pour
rejoindre la section 18 du TET espagnol, qui démarre dans les
hauteurs de la ville... je me fais un peu chier pour y arriver, en me
plantant deux fois au milieu de la circulation, mais j'y arrive!
Une pose s'impose!

La route est superbe au départ du TET, vraiment très sympa...
Et puis après, ben... je m'emmerde!
Je finis par arriver sur une piste, mais rien de transcendant...
Elle longe des vignes, et parfois la terre est très molle par
rapport au Poids Total Roulant de ma bécane, et parfois aussi
très humide et glissante. Et ça me soûle! J'ai
l'impression de me traîner et de ne pas avancer...
Et en plus, c'est loin de n'être qu'une impression!

Certes, on voit le massif de Montserrat au loin et c'est magnifique,
mais j'aurais eu mieux fait d'aller y rouler que de le voir de loin!
Là, vraiment, je m'emmerde... les chemins sont encore bien
humides des pluies du vendredi, et régulièrement je fais
demi-tour quand j'estime que c'est trop chaud pour moi et mon pneu
avant, cherche où récupèrer la trace plus loin, et
re-belote... en plus, je trouve ces coins glauques! Même pas je
fais de photos ou filme!
Je fais le plein de carburant, c'est toujours ça, alors que je préfèrerais faire le plein de sensations...
De plus, il commence à se faire tard, il faut que je trouve rapidement un coin pour la nuit...
J'arrives à Torrelles de Foix.
A la sortie du bled, je prends une piste qui part dans la colline.
Je trouve trois coins pas topissimes sur lesquels je pourrais
éventuellement me rabattre si je ne trouve rien d'autre... un
à côté d'une grande citerne de béton, un en
contrebas de cette citerne, et le troisième, bien glauque, dont
le seul mérite est d'offrir un terrain plat... il y a des pistes
sur la colline d'en face qui me tentent, mais ça semble pentu et
ne suis pas sûr de vouloir m'y engager alors que la nuit tombe...
Je récupère la route et m'engage dans le premier chemin que je vois.
Il monte dans une oliveraie, je rebrousse chemin alors que je vais
redescendre vers un lotissement; j'ai repéré dans la
montée une bifurcation que je vais explorer... je monte, monte,
c'est un peu chaotique, pas très entretenu, ni très
emprunté je suppose...
Et puis...
Youpi!
Le chemin en cul de sac s'arrête sur un petit coin plat... je
place la moto dans le sens du départ, constate que le
réseau téléphonique est minimal, mais à
18h15, je commence quand même à monter la tente!

Il n'y a plus beaucoup de lumière, je termine l'installation à la frontale...
Il fait bien frais et humide, je me fais un apéro bière/pistaches, mais j'ai les doigts rapidement gelés...
Je me réfugie dans la tente, me colle un duvet sur les épaules...

Je me réchauffe les mains au-dessus de la veilleuse dans sa boîte de conserve, et ensuite mange un peu... ça fait du bien, même si je suis loin de la gastronomie!
D'ailleurs, emporter le maroilles pour ne pas le laisser dans mon frigo
pendant mon absence n'a pas été ma meilleure
idée... ça parfume!
Je me suis encore fait avoir dans ma course avec le soleil...
Il FAUT que je fasse mieux demain!
Demain est un autre jour!
Itinéraire Jour 4: 265 km, 8h47