Cinquième Jour:
En Route pour le Sud!
Bon, d'accord... dans le speed pour trouver un coin où
bivouaquer hier, je n'ai pas fait la fine bouche lorsque j'ai
trouvé celui-ci et je ne me suis pas installé sur le bon
versant pour pouvoir bénéficier au plus tôt des
rayons du soleil levant...
Mais bon, c'est malgré tout très
confortable puisque j'ai tout de même à ma disposition une
aire privée pour faire caça... quel luxe!
La soirée, la nuit, le matin ont été très frais et humides, mais j'ai pu tout de même dormir.
Lorsque la rosée arrive, elle gèle, et c'est givrée que je replie la tente...
Je décolle aux environs de 9h30, alors que les premiers rayons de soleil arrivent à moi.
Je redescends des hauteurs de mon oliveraie.

Je crois que j'étais alors toujours enclin à suivre la section 19 du TET...
Je ne me souviens plus très bien... je rejoins le lotissement
que je pouvais apercevoir depuis mon bivouac et retrouve une piste...
Ah oui, ça y est, je me souviens: la piste du TET était
fermée par une chaîne, et j'ai
récupéré le tracé en empruntant une autre
piste, quelques centaines de mètres plus loin... une piste
vraiment très sympa, et qui réchauffe bien de bon
matin... voire trop!

Ce qui me gonfle, c'est d'être en permanence sur le qui-vive: mon
pneu avant décroche souvent sur ces chemins mélangeant
zones de pierrasses, où tout va bien même si ça
secoue un peu, zones de pierrasses mélangées à la
terre, ce qui m'est idéal, et zones de terre très humide
et très glissante, dans lesquelles je suis en permanence
à la limite de me vautrer... je commence à en avoir
franchement marre!
Marre de rouler sans avoir droit à la moindre
erreur, sans avoir une fraction de seconde pendant laquelle je pourrais
tourner la tête et profiter des paysages... et puis
aussi, à ce rythme, il va me falloir au moins une semaine
pour arriver en Andalousie!
Et une nouvelle fois, je me retrouve à ne pas
vouloir tenter le diable: la trace emprunte une descente de terre bien
trop raide, que je n'arriverais jamais à remonter si j'avais
à rebrousser chemin par la suite... je ne suis même pas
certain de pouvoir la descendre sans me retrouver par terre!
Estimant donc que c'est un peu trop chaud de poursuivre, je fais demi-tour pour retrouver le bitume.
Je ne comprends pas mon GPS... moi qui veut aller au sud, je me
retrouve à rouler vers le nord, nord-ouest... déjà
que je n'avance pas, si en plus je ne vais pas dans la bonne direction,
ça va être long!
Je me régale pourtant à rouler sur cette belle route, mais bon...
Suivre le TET dans mes conditions de roulage (poids de la moto chargée, pneus pas adaptés à tous les terrains...)
commence gentiment à me soûler... je me fais d'habitude
bien plus plaisir à improviser, suivant ce que je vois et la
direction générale de l'endroit vers lequel je veux
aller, en m'aidant du GPS pour ce faire, qu'à suivre ce
tracé...
En court-circuitant une partie du TET, je me
retrouve arriver à Petromiralles, petit relais routier avec
station service et troquet... c'est la troisième fois que je m'y
retrouve, je reconnais instantanément l'endroit en approchant du
giratoire, et j'en ris tout haut dans mon casque: "Mais non!! J'le
crois pas!...".
La première fois que je m'y étais retrouvé, c'était en janvier 2016, lors de la présentation de la nouvelle Africa
aux concessionnaires français, et j'y étais arrivé
par le sud-ouest. La deuxième fois, c'était un an plus
tard, au guidon de ma belle grise fraîchement rodée, et
j'y étais arrivé par le nord-est...
Cette fois-ci, j'arrive par le sud-est... il ne me restera plus qu'à y arriver par le nord-ouest pour boucler la boucle!

La route que je suis ensuite est du pur bonheur!
C'est plein de virages et c'est magnifique!
Quel plaisir d'y enrouler en toute zénitude!


Après avoir dépassé El Pont d'Armentera, je
m'engage sur une piste pour m'y faire une pause...
Il est déjà 11h30, et je décide de mettre un bon
petit coup de collier, histoire d'avancer un peu: je file vers
Tarragone, récupère l'autopista pour dépasser
Valence.

Mon Africamion!
Une fois la ville de Valence dépassée, je me dirige vers
Simat de la Valldigna, y fais le plein de carburant, d'eau, et une
pause bienvenue.

Il doit être 16h50 lorsque j'en repars.
J'ai voulu rejoindre ce coin un peu par nostalgie; je me souviens que
la route qui monte et mène vers Barx est fabuleuse, que
depuis Barx je peux rouler sur des pistes que j'avais beaucoup
appréciées...

Juste après avoir passé le col, je commence à chercher un coin de bivouac.
J'en trouve un premier, en poussant au bout du chemin qui longe un camping.
Je n'avais pas vu qu'il y avait un camping... j'hésite à
planter la tente DANS le camping, mais il ne me donne pas envie, petit
et rempli de mobile-homes identiques et bien alignés... et puis,
tant qu'à planter la tente, je préfère la planter
au milieu de nulle part...
Je pourrais toujours y revenir si je ne trouve rien de mieux!
Je pousse jusqu'à Barx tout proche, m'engage sur une piste, et
juste après avoir pris un peu de hauteur et
dépassé le sommet de la colline, TWINGO!
17h25, après avoir fait le tour de ce petit coin en retrait de
la piste, c'est donc décidé, je dors là:

Aujourd'hui, j'ai gagné ma course contre le soleil!
Le coin est plutôt bien, même si le réseau est
minimal, qu'il y a des traces fraîches de passage de sangliers et
une vingtaine de ruches à proximité immédiate...
les abeilles voletaient mollement quand je suis arrivé; il est
l'heure de dormir pour elles, et il m'étonnerait fort qu'elles
soient éveillées lorsque je me lèverai demain
matin...
Il fait encore 14° alors que je commence à m'installer.
Je fais sécher de l'humidité de la nuit dernière et du matin ma tente, mes duvets, le drap, la doublure.
Je me déshabille entièrement, me fais une toilette intégrale, et me change!
Trois jours que je porte les mêmes fringues... et sans jamais les
enlever, les mêmes chaussettes... surtout pas pour dormir!
Bon... 18h30, tout est calé, et j'ai pu profiter un peu du cadre
le temps de boire ma bière, récompense du soir!

Il ne me reste plus qu'à manger!
Pour la première fois en bivouac, puisque ma nouvelle popote me permet de le faire, je me prépare des pâtes!
Sans huile ni beurre, sans sel ni poivre, mais avec du fromage
râpé... pas trop éloigné du top de la
gastronomie... à 19h30, je m'en empiffre comme un mort de faim
pour éviter qu'elles ne refroidissent... ben oui: il a fait
rapidement bien frais dès que le soleil a disparu...

Je n'arrive pas à tout avaler, et je m'éloigne d'une
vingtaine de mètres de ma tente pour jeter le reliquat au milieu
de la végétation, en espérant que cela n'attire
pas de bestiole...
Déjà, la nuit dernière, je suis sorti inspecter
les abords de ma tente; j'entendais bouger contre la toile et respirer
à 30cm de ma tête... j'imaginais à minima un
hérisson, mais ce n'était finalement qu'une petite parano
nocturne... enfin, je crois!
Aujourd'hui, j'ai déjà marqué
mon territoire d'un jet d'urine, sur toute la largeur de la piste
où j'ai posé la bécane, là où
notamment j'ai vu des empreintes de sanglier. Est-ce efficace?
Je pense en tout cas que ça ne peut pas nuire. Je fait de même une fois ma vessie prête à déborder (la bière et le froid, c'est magique!) sur le deuxième accès à MON territoire pour la nuit.
Si n'importe quoi vient, il aura ma carte de visite olfactive avant de s'approcher de ma tente...
Ceci dit, je n'ai peut-être pas besoin d'uriner pour pouvoir me faire repérer à l'odeur...
J'ai gagné ma course contre le soleil...
J'ai gagné le droit de rejouer demain!
Demain est un autre jour!
Itinéraire Jour 5: 431 km, 9h05