Balades de FleePee





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Chez les Ibères en Hiver...
Le Retour!

18-29 Janvier 2024


Cinquième Jour:
En Route pour le Sud!

 

        

    Bon, d'accord... dans le speed pour trouver un coin où bivouaquer hier, je n'ai pas fait la fine bouche lorsque j'ai trouvé celui-ci et je ne me suis pas installé sur le bon versant pour pouvoir bénéficier au plus tôt des rayons du soleil levant...
    Mais bon, c'est malgré tout très confortable puisque j'ai tout de même à ma disposition une aire privée pour faire caça... quel luxe!
La soirée, la nuit, le matin ont été très frais et humides, mais j'ai pu tout de même dormir.
Lorsque la rosée arrive, elle gèle, et c'est givrée que je replie la tente...
Je décolle aux environs de 9h30, alors que les premiers rayons de soleil arrivent à moi.
Je redescends des hauteurs de mon oliveraie.

        

    Je crois que j'étais alors toujours enclin à suivre la section 19 du TET...
Je ne me souviens plus très bien... je rejoins le lotissement que je pouvais apercevoir depuis mon bivouac et retrouve une piste... Ah oui, ça y est, je me souviens: la piste du TET était fermée par une chaîne, et j'ai récupéré le tracé en empruntant une autre piste, quelques centaines de mètres plus loin... une piste vraiment très sympa, et qui réchauffe bien de bon matin... voire trop!

    Ce qui me gonfle, c'est d'être en permanence sur le qui-vive: mon pneu avant décroche souvent sur ces chemins mélangeant zones de pierrasses, où tout va bien même si ça secoue un peu, zones de pierrasses mélangées à la terre, ce qui m'est idéal, et zones de terre très humide et très glissante, dans lesquelles je suis en permanence à la limite de me vautrer... je commence à en avoir franchement marre!
    Marre de rouler sans avoir droit à la moindre erreur, sans avoir une fraction de seconde pendant laquelle je pourrais tourner la tête et profiter des paysages... et puis aussi, à ce rythme, il va me falloir au moins une semaine pour arriver en Andalousie!
    Et une nouvelle fois, je me retrouve à ne pas vouloir tenter le diable: la trace emprunte une descente de terre bien trop raide, que je n'arriverais jamais à remonter si j'avais à rebrousser chemin par la suite... je ne suis même pas certain de pouvoir la descendre sans me retrouver par terre!
    Estimant donc que c'est un peu trop chaud de poursuivre, je fais demi-tour pour retrouver le bitume.
Je ne comprends pas mon GPS... moi qui veut aller au sud, je me retrouve à rouler vers le nord, nord-ouest... déjà que je n'avance pas, si en plus je ne vais pas dans la bonne direction, ça va être long!
Je me régale pourtant à rouler sur cette belle route, mais bon...
    Suivre le TET dans mes conditions de roulage (poids de la moto chargée, pneus pas adaptés à tous les terrains...) commence gentiment à me soûler... je me fais d'habitude bien plus plaisir à improviser, suivant ce que je vois et la direction générale de l'endroit vers lequel je veux aller, en m'aidant du GPS pour ce faire, qu'à suivre ce tracé...
    En court-circuitant une partie du TET, je me retrouve arriver à Petromiralles, petit relais routier avec station service et troquet... c'est la troisième fois que je m'y retrouve, je reconnais instantanément l'endroit en approchant du giratoire, et j'en ris tout haut dans mon casque: "Mais non!! J'le crois pas!...". 
La première fois que je m'y étais retrouvé, c'était en janvier 2016, lors de la présentation de la nouvelle Africa aux concessionnaires français, et j'y étais arrivé par le sud-ouest. La deuxième fois, c'était un an plus tard, au guidon de ma belle grise fraîchement rodée, et j'y étais arrivé par le nord-est...
Cette fois-ci, j'arrive par le sud-est... il ne me restera plus qu'à y arriver par le nord-ouest pour boucler la boucle!

    La route que je suis ensuite est du pur bonheur!
C'est plein de virages et c'est magnifique!
Quel plaisir d'y enrouler en toute zénitude!

         

    Après avoir dépassé El Pont d'Armentera, je m'engage sur une piste pour m'y faire une pause...
Il est déjà 11h30, et je décide de mettre un bon petit coup de collier, histoire d'avancer un peu: je file vers Tarragone, récupère l'autopista pour dépasser Valence.


Mon Africamion!

    Une fois la ville de Valence dépassée, je me dirige vers Simat de la Valldigna, y fais le plein de carburant, d'eau, et une pause bienvenue.

   

    Il doit être 16h50 lorsque j'en repars.
J'ai voulu rejoindre ce coin un peu par nostalgie; je me souviens que la route qui monte et mène vers Barx est fabuleuse, que depuis Barx je peux rouler sur des pistes que j'avais beaucoup appréciées...

    Juste après avoir passé le col, je commence à chercher un coin de bivouac.
J'en trouve un premier, en poussant au bout du chemin qui longe un camping.
Je n'avais pas vu qu'il y avait un camping... j'hésite à planter la tente DANS le camping, mais il ne me donne pas envie, petit et rempli de mobile-homes identiques et bien alignés... et puis, tant qu'à planter la tente, je préfère la planter au milieu de nulle part...
Je pourrais toujours y revenir si je ne trouve rien de mieux!
Je pousse jusqu'à Barx tout proche, m'engage sur une piste, et juste après avoir pris un peu de hauteur et dépassé le sommet de la colline, TWINGO!
17h25, après avoir fait le tour de ce petit coin en retrait de la piste, c'est donc décidé, je dors là:

   

    Aujourd'hui, j'ai gagné ma course contre le soleil!
Le coin est plutôt bien, même si le réseau est minimal, qu'il y a des traces fraîches de passage de sangliers et une vingtaine de ruches à proximité immédiate... les abeilles voletaient mollement quand je suis arrivé; il est l'heure de dormir pour elles, et il m'étonnerait fort qu'elles soient éveillées lorsque je me lèverai demain matin...
Il fait encore 14° alors que je commence à m'installer.
Je fais sécher
de l'humidité de la nuit dernière et du matin ma tente, mes duvets, le drap, la doublure.
Je me déshabille entièrement, me fais une toilette intégrale, et me change!
Trois jours que je porte les mêmes fringues... et sans jamais les enlever, les  mêmes chaussettes... surtout pas pour dormir!
Bon... 18h30, tout est calé, et j'ai pu profiter un peu du cadre le temps de boire ma bière, récompense du soir!

    Il ne me reste plus qu'à manger!
Pour la première fois en bivouac, puisque ma nouvelle popote me permet de le faire, je me prépare des pâtes!
Sans huile ni beurre, sans sel ni poivre, mais avec du fromage râpé... pas trop éloigné du top de la gastronomie... à 19h30, je m'en empiffre comme un mort de faim pour éviter qu'elles ne refroidissent... ben oui: il a fait rapidement bien frais dès que le soleil a disparu... 

    Je n'arrive pas à tout avaler, et je m'éloigne d'une vingtaine de mètres de ma tente pour jeter le reliquat au milieu de la végétation, en espérant que cela n'attire pas de bestiole...
Déjà, la nuit dernière, je suis sorti inspecter les abords de ma tente; j'entendais bouger contre la toile et respirer à 30cm de ma tête... j'imaginais à minima un hérisson, mais ce n'était finalement qu'une petite parano nocturne... enfin, je crois!
    Aujourd'hui, j'ai déjà marqué mon territoire d'un jet d'urine, sur toute la largeur de la piste où j'ai posé la bécane, là où notamment j'ai vu des empreintes de sanglier. Est-ce efficace?
Je pense
en tout cas que ça ne peut pas nuire. Je fait de même une fois ma vessie prête à déborder (la bière et le froid, c'est magique!) sur le deuxième accès à MON territoire pour la nuit.
Si n'importe quoi vient, il aura ma carte de visite olfactive avant de s'approcher de ma tente...
Ceci dit, je n'ai
peut-être pas besoin d'uriner pour pouvoir me faire repérer à l'odeur...

    J'ai gagné ma course contre le soleil...
J'ai gagné le droit de rejouer demain!


Demain est un autre jour!


Itinéraire Jour 5: 431 km, 9h05

       
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