Jour
11: Baroud d'Honneur!
Réveil à 5h, et juste après, il pleut pendant trente minutes...
Je suis claqué, mais je n'arrive pas à me rendormir... café!
Personne n'est venu me faire quitter les lieux pendant la nuit, aucun
animal n'est venu me rendre visite, la pluie et le vent ne m'ont pas
empêché de dormir...
Dès que la pluie cesse, je commence à plier le camp...
deux voitures sont déjà passées, je n'ai pas vraiment envie de m'attarder, mais je me
permets tout de même de me faire un dernier café.
Je ne peux pas attendre que le jour se lève, ni que les pluies suivantes n'arrivent, et à 7h10, je démarre!

Dix minutes après mon départ, alors que je traverse le
village près duquel j'ai dormi, il commence à pleuvoir.
Il pleut fort, il fait 2°C, mais le vent ne doit souffler qu'à 60km/h; une rigolade!
Lorsque le soleil se lève et apparaît au loin dans un trou
des nuages, je profite sous la pluie de la pause photos à une
intersection de routes pour jeter ma poubelle dans un container. Je ne
laisse après un bivouac rien derrière moi, à part
un peu d'engrais bio...
Il pleut fort, donc, et je repense à ce que
me disait Chris Prolls il y a quelques jours... en substance: "Le vent,
la neige, le verglas, ça peut empêcher de rouler à
moto, mais pas la pluie!"... soit!
Alors, je roule!
Pendant 2h30, j'arpente cette belle région, ne faisant que quelques courtes pauses pour prendre quelques photos.
Il a beau faire un temps dégueulasse, je me régale!
Les routes sont magnifiques, tout comme les paysages... ça doit pêter sous le soleil!




Et un arc-en-ciel de plus, un!
Juste après cet arc-en-ciel, à 9h45,
je me prends un bon café brûlant dans une petite ville
accrochée à la montagne, et en profite pour faire
quelques
courses, le plein, faire un point météo et regarder sur
mon GPS vers où je pourrais bien poursuivre ma route. Car c'est
bien gentil tout ça, mais j'en ai tout de même un peu ma
claque de
rouler sous la pluie dans la montagne... faut pas croire que je sois
masochiste!
Il n'y a que sur la côte
que je devrais être peinard question météo... alors
je décide de partir en direction du nord-est pour m'en
approcher. Et dès que je m'éloigne des crêtes
qui retiennent les nuages, que je commence
à descendre un peu en altitude, le soleil revient! Le vent
déchiquette et chasse les nuages, les routes sont superbes, j'ai
grand plaisir à rouler... surtout que ce n'est pas sur ces
routes que je vais être emmerdé par la circulation; je n'y
croise quasiment personne...

Je longe une belle vallée étroite, me disant que ce
serait vraiment sympa d'y planter la tente. Il est encore un peu
tôt pour cela, alors que je n'y fais qu'une petite pause... un
beau vautour passe à à peine 10 mètres au-dessus
de moi... je le regarde passer, prendre de la hauteur sans faire
d'effort. Ils sont une demi-douzaine à tournoyer.
J'adore les voir!


Et je repars!
J'arrive à Miramet vers 13h30. J'ai très faim, mais impossible de trouver un endroit ouvert pour manger...
Alors je file vers son joli château m'y faire une pause grignotage.

La vue est belle, mais les nuages qui arrivent dans mon dos sont,
tout comme les nourrissons, très très lait!
Non, pardon, ce n'est pas ça... ces nuages sont plutôt traîtres et laids...
Car j'ai à peine le temps de vidanger ma vessie qu'il se
met à pleuvoir fort... et à grosses gouttes! Pfff!
Fait chier, je me serais volontiers posé pour souffler un peu!
Je réagis vite: je n'aime pas quand ma veste est gorgée d'eau, même si sa
doublure est étanche, et encore moins si je dois la stocker dans ma tente le soir. J'enfile vite ma sur-veste de pluie,
et mets la housse étanche du Camelback. J'entre sur mon GPS un
point à rejoindre et je file...
Je roule, je roule...
Je passe à proximité de Falset...
Il n'y a rien de remarquable à Falset; c'est un gros bled de campagne que
j'avais trouvé très glauque, mais il m'évoque surtout un très
joli spot de bivouac d'il y a neuf ans! Il faisait alors frais, mais beau!
Encore une fois, sur ce périple, je suis
surpris de me retrouver, en improvisant totalement mon parcours, dans
des coins par lesquels je suis déjà
précédemment passé, en improvisant totalement mon
parcours. Il faut que je me rende à l'évidence: je crois
que j'aime improviser totalement mes parcours!

Photos 2017...
Mais je ne peux retourner camper sur les hauteurs de Falset aujourd'hui!
Mon spot de bivouac était sur une crête, avec aucune protection au vent, alors je continue ma route.
Je me fais une pause pour chercher un endroit pour dormir...
Exit l'idée d'un bivouac: je n'ai aucune envie de galérer
à trouver un coin sympa, je me décide à chercher
un camping. Et puis je vais appeler avant d'y aller!
Je quitte la nationale pour une petite route extraordinaire à
flanc de colline... De beaux virages, aucun bout droit, de beaux
paysages. J'arrive à la retenue de Riudecanyes. Les berges sont
complètement innondées. Tout le coin est tout mignon. Peu
après 15h, j'arrive enfin au "camping".

J'ai suivi Gogol Maps, qui m'amène dans un petit lotissement en bordure d'une voie ferrée.
Je coupe le moteur devant un portail, je rapelle le numéro du "camping" pour dire que je suis arrivé...
Alors débarque une dame âgée, qui m'ouvre le portail.

Je vous présente donc Clara!
Clara est très gentille, très bavarde, et est très contente de pouvoir parler français.
ça tombe bien: je suis très bavard et très content moi aussi de pouvoir parler français!
L'endroit ressemble plus à un campement hippie qu'à un
camping... il y a une yourte, où sa petite fille loge, une
cahute et un tipi. Une douche extérieure sans eau chaude, des
toilettes sèches fermées par un rideau.
Sa petite fille, absente, mais que j'ai eue au téléphone,
préconise à sa grand-mère que je m'installe
près du tipi.
Mais je n'aime pas trop ce coin, il est très
encaissé et humide... je demande donc à clara si je peux
éventuellement m'installer dans l'allée qui y
mène, où il y a encore à cette heure du soleil.
Elle me dit que oui.
Clara me demande de l'accompagner jusqu'à sa maison, me montre la porte et me dit:
- "Si tu as besoin de quoi que ce soit, tu n'hésites pas: tu viens frapper à ma porte et tu me demandes..."
Je la remercie, lui réponds que je le ferais si besoin.
Je repars et commence à m'installer.

Je suis en train de monter la tente lorsque je vois Clara revenir vers moi...
- "Si tu as besoin de quoi que ce soit, tu n'hésites pas: tu viens frapper à ma porte et tu me demandes..."
Je souris et remercie donc à nouveau Clara, lui dit que je n'hésiterais pas à le faire. Elle repart.
J'ai transvasé mes affaires, prépare mon couchage, et Clara revient.
- "Si tu as besoin de quoi que ce soit, tu n'hésites pas: tu viens frapper à ma porte et tu me demandes..."
Elle reviendra une troisième et dernière fois me redonner l'info... Sacrée Clara! Quelle gentillesse!
Tu ne te souviens peut-être pas de tout ce que tu dis, mais j'ai
eu grand plaisir de te rencontrer et de discuter avec toi!
Installé au calme dans ce bel endroit, le soleil se couche, et... le vent se lève!
Heureusement
que je suis venu m'installer ici, car j'y suis bien protégé du vent, qui
est très rapidement devenu violent, soufflant à plus de 90km/h... les
arbres tout autour de moi craquent un peu...
J'ai cependant aussi droit aux formidables vocalises de tous les oiseaux qui nichent dans ce petit bois.
Je suis bien, même s'il
fait trop frais pour prendre une douche froide... j'ai une prise
électrique à proximité de ma tente pour recharger mon tél: je baigne dans le luxe!

Je devrais passer une bonne nuit:
Bouddha veille sur moi!
Demain est un autre jour:
Demain, je Rentre!
Itinéraire
Jour 11: 301 km, 8h03