Balades de FleePee





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Balade Ibérique,
Du 3 au 13 Juin 2013...

Jours 10 et 11:
C'est la Fin du Début de la Fin!


    J'ai dormi comme un loir dans cet hôtel de Yesa, jusqu'à 7h30, heure à laquelle tout le monde se lève pour aller bosser, pour aller rouler pour les teutons; je les entends démarrer avant même que je ne sois descendu boire un caoua...
    Je demande à la serveuse de la veille comment rejoindre Jaca si la route est coupée...
Et là, elle me dit qu'il y a une autoroute en construction dont l'entrée est juste un peu à l'ouest de Yesa, qu'ils ont déjà ouvert les 5 premiers kilomètres pour compenser la fermeture de la route du lac, avec une sortie qui permet de rejoindre la partie de la route en bon état...
    J'emprunte la fameuse autoroute et la sortie obligatoire, et me retrouve...
Pile-poil face à l'entrée du camping!
Mon mini-Atlas espagnol de 2013 que je m'étais décidé à acheter à Coimbra est resté glissé sous ma vielle carte détaillée du coin, et je n'avais pas vu ça!
    Mais ce n'est pas grave, je me sens proche de chez moi sur ces routes que je connais presque par coeur, et en cette journée qui commence, j'ai même l'impression que je pourrais être à Marseille le soir-même...
    Sauf que je n'ai vraiment pas envie de cravacher, et même si les chevaux commencent à sentir l'écurie proche, j'ai envie de profiter de toutes ces routes que j'ai déjà prises à l'aller, mis à part ce tronçon Yesa-Jaca...
Ah la la! Qu'est-ce que je suis bien ici, même plus besoin de carte!

                  


    C'est effectivement impressionnant, je n'ai jamais vu ce lac avec un niveau d'eau aussi élevé, et en cette belle matinée au ciel bleu impeccable, toutes ces routes sont des invitations à enrouler tranquille,  nez au vent...
    D'ailleurs, je suis assez satisfait au final de cette bulle haute, malgré les turbulences qu'elle crée à grande vitesse (d'Africa, tout est relatif!) au niveau des épaules et les déformations optiques que sa courbure crée quand on essaie de voir ce qu'on a devant sa roue sur les chemins, parce que sans elle, une bonne partie des 24732 insectes divers qui se sont suicidés sur l'avant de ma bécane l'aurait fait sur ma visière.
Et là, non! Et même si quelques uns y sont parvenus, ce ne fut jamais face à mon axe de vision...
Nickel!

                  

     Je file vers le monastère de San Juan de la Peña, monument incontournable du coin, et parce que la route pour y accéder par l'ouest est une régalade, surtout hors-saison touristique!!
Un endroit assez fabuleux, construit dans la roche et sous l'aplomb de cette belle falaise colorée. Et puis, voir les Pyrénées et savoir que, de l'autre côté, c'est un peu chez moi, mes parents étant nés du côté de Bagnères et Tarbes, ça m'euphorise le cortex!

                  

    Je continue ma route, je l'apprécie énormémént, et bientôt, je vais rejoindre celle de Jaca que j'avais empruntée à l'aller pour descendre vers le sud; j'avais pris ce qui restera peut-être comme une des meilleures photos du voyage, au moment où la route passait au pied du Punto de Oroel et avant que des saloperies pénètrent à l'intérieur de l'objectif de mon compact...

         

                  

                  

                  
Je roule, je roule, et je roule encore, et je roule toujours!

    J'en profite pour faire les images que je n'ai pas faites à l'aller, mais au final, cette route est quand même longue, et vu la journée de la veille, vu le manque de sommeil et la fatigue, ça fait déjà un moment que je sais que je n'atteindrai jamais Marseille le soir-même...
    Histoire de boucler symboliquement mon périple, j'ai alors voulu retourner camper sur le site de mon premier bivouac. Mais après une pause à Gerri de la Sal, même la perspective d'effectuer la trentaine de kilomètres qui me sépare de ce lieu me fait peur; cela demanderait que je reste hyper concentré sur ma conduite, je sens bien que cela risque d'être délicat: je suis vraiment rincé et peux me viander à tout moment, à cause d'une mauvaise appréciation de ma vitesse ou d'une inattention quelconque...
    Alors, quand je vois le panneau camping sur la droite de la route, la possibilité de prendre une douche me fait prendre les freins, puis l'épingle qui conduit au camping... L'accès est tellement pourri que je manque de faire demi-tour, mais j'ai finalement été bien content de m'en être abstenu...
J'installe ma tente, et en guise de douche, je me détends, seul, là-dedans:

         

    Le pied total, c'est tellement bienvenu!
Un peu plus tard, un couple d'hollandais sur une vielle Suzuki GS850 de presque 30 ans, Hans et Bernadette, débarquent dans ce camping vide (moins de 10 personnes dans tous le camping!), et Hans me demande s'ils peuvent s'installer à côté de moi...
- "ça dépend... Est-ce que tu ronfles?" lui réponds-je en souriant...

    Ils s'installent, on discute, puis je fais l'interprète entre eux et le gars de l'entretien du camping qui ne parle pas anglais, et je comprends qu'ils veulent aller manger au village et se demandent si l'entrée du camping sera fermée à leur retour.
    Le jour tombe, je suis posé à côté de la rivière en crue au débit impressionnant et dont le bruit couvrirait le son des ronflements les plus forts, quand on me tape sur l'épaule:
-"J'ai de la sangria, des cacahuètes et plein d'autres choses, tu viens t'assoir avec nous?"
Jusqu'à 23h30, on discute en vidant nos godets et en grignotant, c'était vraiment très sympa!

    Le lendemain, à 8 heures, je lève le camp en leur souhaitant bonne route, et pour moi, c'est direction Andorre, pour tailler plus court et essayer d'être chez moi pour aller chercher mon plus petit à la sortie de l'école maternelle...
Et pour faire le plein aussi!

                  

Des prix de l'essence qu'on aimerait voir revenir chez nous...
    Je passe aussi par la boutique Dainese, où j'avais acheté le cuir que je porte actuellement, il y a 8 ans déjà. J'ai cassé la tirette de la fermeture éclair depuis plusieurs jours, je l'ai remplacée par un anneau de clé, je voudrais aussi voir si ça vaut le coup d'acheter un blouson ventilé de la marque ici.
25% de moins qu'en France, je prends! Et en plus, ils me donnent la fameuse tirette, trop cool...

                   

    Et je me pèle tout au long de la route!

    Passage à la douane française, on me suspecte, fouille en règle de TOUS mes bagages; ils ont fouillé mon linge sale et sont même allé jusqu'à ouvrir ma cafetière italienne, au cas où...
Ils font leur taf, je ne leur en veux pas, mais tout ça me met en retard pour aller chercher mon fils à l'école...
    En montagne donc, l'air effraie, mais je crains dégun...
Non, pardon: l'air est frais et je roule comme en T-shirt avec mon beau blouson...
    Côté français, c'est très rapidement si couvert que je pense me prendre un orage sur la tronche, et comme si ça ne suffisait pas et comme au premier jour, la tramontane souffle en bourrasques violentes...
Je veux aller vite et cravache, même si je sais que désormais, jamais je ne serai à l'heure à la sortie de l'école...
A plusieurs reprises, je me dis:
- "Calme-toi, cheval fougueux, ça ne sert à rien de se viander ici après plus de 4000 bornes!"
    Mais bon, je suis concentré, et mine de rien, après avoir avalé autant de bornes, ben... je "pilote" un peu mieux, et pour la première fois de ma carrière en deux roues, j'ai un pneu 100% route à l'avant, un Anakee3, et je dois dire que je n'ai pas reconnu mon Africa lors des premières bornes que j'avais faites avec: un profil plus rond que mes Trailmax ou Trailwing habituels, une vivacité, précision et tenue de route inconnues de moi jusque là!

Donc au final, je cravache quand même!
    Je dis "Au revoir, à la prochaîne!" aux Pyrénées du côté français avec un petit pincement au coeur,  au-dessus d'Ax-les-Thermes, je ne sais pas trop comment je rejoins Quillan, mais la route est petite, bordée de superbes panoramas.
    Puis je file sur Couiza, Mouthoumet, Lagrasse et Lézignan-Corbières, d'où je reprends l'autoroute pour Marseille, parce que le vent me saoûle; je contre-braque et gîte de 20 à 30 degrés pour filer droit, c'est chaud quand je croise d'autres véhicules qui me coupent le vent!!
J'apprécie enfin mon nouveau blouson, c'est vraiment top de rouler comme si on était en T-shirt, tout en ayant toutes les protections, dorsale incluse!
    J'arrive à la barrière de péage de Lançon de Provence, et à 50 bornes du bercail, on peut dire que je suis comme à la maison; et donc, je trouve la douane chez moi, ce qui est très désagréable...
- "Bonjour monsieur, garez-vous là s'il vous plaît, on va procéder à la fouille de votre véhicule."
    Il ne me plaît pas du tout, et je ne peux retenir un "OH, non!, oh noooon, c'est pas vrai, putain... NOOON!!!...", que j'adresse au douanier...
    Il n'apprécie pas que je ne l'accueille pas avec un grand sourire, je tire vraiment la gueule mais obtempère de toute façon, et leur dit pendant qu'ils procèdent qu'en plus, mes bagages ont déjà été fouillés; du coup, ils ont encore plus envie de fouiller...
Je sais que je n'ai rien à me reprocher, mais pas eux, je défais donc mes bagages et attends que ça passe.
Je veux rentrer chez moi, rogntudju!!

    Ensuite vient la routine: embouteillage avant l'entrée de Marseille, passage par la BAU, slalom en ville entre les voitures mais j'ai bien intégré que je roule avec des sacoches, et enfin, j'arrive devant ma porte...
Un coup d'oeil au compteur: 4780,1 kilomètres...
Je suis un peu déçu; je n'ai pas franchi la barre symbolique des 5000...


Bon ben...
    Il n'y a plus qu'à faire la vidange, changer mon pneu arrière et mon kit chaîne (il était déjà un peu fatigué au départ, je l'ai graissé une à deux fois par jour, suivant ce que je faisais dans la journée), souder les conexions de mon port USB pour le prochain voyage, remettre ma bulle normale, nettoyer mes sacoches et enlever la couche grasse des 26877 insectes applatis sur l'avant de la bécane (oui, il y en a effectivement 2145 de plus depuis la dernière fois où j'ai fait le compte...), enlever les films plastiques qui protégeaient les caches des flancs arrières, aller voir mon ostéo et l'oculiste, mais pas parce que j'ai mal au cul, mais parce que j'deviens vieux j'vous dis: je n'arrive plus à lire mes cartes en roulant...

C'est bon de rentrer chez soi,
mais qu'est-ce que c'est bon de partir!
C'est quand que je repars où?!!


Télécharger l'itinéraire du jour 10
Télécharger l'itinéraire du jour 11
(Google Earth...)


       
 
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