Jour 2:
Les Ibères Ne Sont Pas Aussi Rudes Que ça...
(goscinny me manque...)
En effet, les températures remontent pas mal
dès le lever du jour, mais sans que ce ne soit la canicule, c'est parfait
pour moi et je continue ma route sur la
N260 et ses virages qu'on pourrait se croire en Corse tellement il y
en a...
Pause bouffe et électricité...
La Pobla de Segur, Pont de Suert, Castejon de Sos, Ainsa,
Biesca, Sabananigo, je finis mon parcours pyrénéen à Jaca.
Il faut que je précise que
les branchements sur dominos pontés sur les câbles des veilleuses
de l'éclairage de mes fameux
ports USB n'ont pas résisté au premier jour de roulage, et que du
coup, je fais mon itinéraire à l'aide de cartes ayant 13 ans d'âge,
datant de l'époque où je fus invité sur le GP 500 d'Estoril grâce
à mon ex-beauf, bon ami d'un gars des antipodes qui freinait à moto
avec son pouce gauche, à cause d'une cheville droite abimée...
Bref...
Je m'installe au bord de la rivière, pour faire respirer mes
petons et parce que l'envie de me sustenter m'habite, ce qui ne veut
pas dire que je suis tenté par l'envie d'une fellation en ces
lieux...
Quoi que...
Mais je diverge...
Et dix verges, c'est beaucoup pour une seule femme
(Merci Desproges!), même si l'industrie pornographique essaie de nous faire croire le contraire.
Je démonte ma bulle pour vérifier mon branchement électrique sus-cité (pfff...),
mais ne peux atteindre que le porte-fusible situé sur le fil
"+", le restant des branchements n'est accessible qu'en
démontant l'avant du carénage, je n'ai que des
clés plates avec moi, et il me faudrait une clé à
pipe (décidément!!) pour pouvoir le démonter/remonter en toute quiétude là où je me trouve.
Tant
pis, je remonte tout, de toute façon, les veilleuses s'allument,
donc tout va bien, et je mange à l'ombre près de la
rivière, c'est calme, je suis paisiblement installé.
Et puis soudain, 200, 300 moutons et béliers
débarquent dans ce petit espace, j'ai juste le temps de ramasser
bouffe, blouson, godillots avant que tout ne se fasse piétiner
par 800, 1200 sabots (non, je n'ai pas vu de mouton à 5 ou
3 pattes!), le troupeau étant mené par un seul
chien, imposant, autoritaire et sans berger, leur passage n'aura pas
duré 2 minutes, impressionnant!
Heureusement qu'ils ne sont pas passés quand
j'avais la bulle démontée et ses vices sans bout long...
pardon, et ses vis sans boulon au sol...
Je finis donc par atteindre Jaca, ville à
partir de laquelle
j'ai décidé d'enfin bifurquer vers le sud, parce que
Portimão, c'est
non seulement au sud du Portugal, mais surtout très loin des
Pyrénées, et qu'il faut bien qu'en ce deuxième
jour de route, je commence à me diriger vers le but de mon
voyage!

Au
sud de Jaca...
Los Mallos, du côté de Murillo
de Gallego
Je descends donc, ou plutôt
je monte, vers le punto de Oroel, puis en descends, et je me régale jusqu'à ce que je me
perde...
Misère de misère, je me
retrouve sur de petites routes agricoles, en pleine période des
foins, il fait chaud, l'air est sec et poussiéreux, je m'en
prends
plein la figure à suivre camions et remorques de tracteurs
chargés
de foin, sur des routes tellement étroites que je ne peux
même pas les dépasser, pour essayer de passer à
Castejon de Valdejarasa, que jamais je n'atteindrai...
Du coup, sans l'aide d'un
GPS, je suis complètement paumé...
C'est qu'il s'en est passé
des choses dans le coin au niveau routier en 13 ans, et toutes les
nouvelles voies rapides n'apparaissent pas sur mes cartes.
Je déteste rouler à
travers ces grandes plaines agricoles arrides et puantes après
l'épandage d'engrais. J'aurais préféré me refaire Las Bardenas
Reales et me sentir de nouveau cow-boy à cheval mécanique au
Nouveau-Mexique, mais je jugeais ne pas en avoir le temps...
Je récupère par Gallur la
direction de Soria, essaie d'y trouver un hôtel pas cher en vain...
Après avoir tourné en rond
dans la ville, je décide de jeter l'éponge, puisque je
n'ai aucune intention de nettoyer ma moto et qu'elle est aussi
desséchée que moi, c'est pourquoi avant tout, j'ai
très envie d'un soda bien sucré pour me requinquer un peu
et me désaltérer beaucoup,
mais aussi, j'ai réellement besoin de me reposer les yeux qui me
brûlent...
Et alors que je vais
repartir, je vois une petite enseigne d'hôtel dans une rue qui monte
de la place où je me suis posé...
En vérité, ce n'est pas une rue qui
monte, mais une rue qui descend, et j'y vais sans savoir que je roule
à contre-sens sans casque (pas bien!), y pose mes bagages, me
douche, déplie ma tente dans l'espoir de retrouver mon bouchon
d'oreille perdu, mais je dois bien me faire à l'idée que je vais
devoir continuer à rouler avec des bouchons en mousse...
Tant pis!
En attendant; una grande
caña, una tortilla con patatas é un bocadillo de jamon serrano, por
favor!!
Muchas gracias, ce que ça
fait du bien!