Balades de FleePee





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Balade Ibérique,
Du 3 au 13 Juin 2013...

Jour 3: Une Journée Oubliable...

    Je fais imprimer le lendemain matin par le patron de l'hôtel le récap d'achat de mon billet pour le superbike que j'ai mis sur une clé USB avant de partir, puisque je n'ai pas d'imprimante.
    J'attends l'ouverture d'une pharmacie avec un double expresso, puis gare la moto devant la-dite pharmacie, essaie de faire comprendre que je voudrais du liquide physiologique à des employés qui ne parlent qu'espagnol alors que moi pas du tout, mis à part le minimum vital pour ne pas mourir de faim et de soif, et quand j'en ressort finalement avec du colyre, des flics m'attendent; il est 9h03, je comprends que c'est une zone piétonne, fermée aux véhicules à partir de 9h00... J'essaie de leur faire comprendre qu'avec une moto chargée de tous mes bagages, je ne vais pas me garer à 300 mètres, et finalement, devant mon incapacité à m'expliquer autrement que par gestes, ces flics un peu abrutis je dois bien le dire, me font une fleur et me laissent repartir sans m'aligner ni envoyer ma bécane à la fourrière, pourtant, ils en avaient envie!
   
    Je me fais tellement chier sur ces routes en direction de valladolid, que je ne prends même pas de photos, jusqu'à ce que je me fasse une pause café à Peñafiel et son beau chateau (en Espagne).

                   

Ça a de la gueule...

    Je veux passer au Portugal par Miranda do Douro, j'insiste pour rejoindre cette ville alors que d'autres routes doivent être plus sympas, et je ne sais pas comment je fais pour me paumer à Muelas del Pan après Zamora; j'arrive dans un bled après avoir croisé quelques troupeaux de moutons, je suis autant surpris d'arriver dans ce trou perdu que ne l'est le viel espagnol buriné avec sa vieille casquette posée basse sur ses yeux de voir un touriste motard traverser son village...
    Je lui lance un "ola!" ponctué d'un signe de tête pour le saluer auquel il ne répond pas, et continue ma route, ou plutôt ma piste, puisque la route s'arrête là...
Je roule un peu, parce que ça a un certain charme, mais bon...

                  

    Je suis toujours obsédé par la distance qui me sépare de mon objectif premier, le sud du Portugal, alors faut pas que je mollisse!
    Je me pose donc et regarde ma carte: je viens de passer Villaseco, ce nom lui va bien, mais étant situé entre deux rivières, suivre ces pistes ne me sert à rien si je ne trouve pas un pont pour traverser ces fameuses rivières!
Demi-tour donc, et je finis par entrer au Portugal en franchissant le Douro, ce n'est pas dur, en y allant mollo, sur ma mule...


Mais bon, toujours pas de chance avec l'improvisation et de vieilles cartes!

J'atterris sur une voie rapide que je n'ai pas envie de prendre, j'en sors donc et je galère pour trouver ma route!
    Les directions sont vraiment mal indiquées au Portugal, j'en ferai l'expérience amère tout au long de mon séjour: 300 mètres avant une intersection ou un giratoire, il y a 10 noms de bleds indiqués, dans toutes les directions, même celle d'où l'on vient!
    J'ai en effet constaté qu'était souvent indiquée en face la direction de la ville d'où je venais; ben oui, on peut faire demi-tour à la fameuse intersection pour y retourner...
Mais au niveau des intersections, plus aucune indication!
Obligé de retourner en arrière lire les panneaux avec la carte sous les yeux pour savoir où aller, et quand tu fais ça tous les 2 ou 5 kilomètres, c'est rapidement gonflant!
    Je perds un temps fou sur toutes ces routes que plus personne ne prend, complètement défoncées, dans des paysages certes sympa, mais je suis si énervé de ne jamais comprendre quelle direction prendre que je n'en profite pas vraiment; je roule comme un con en cravachant, en pestant à chaque fois que je m'arrête pour savoir où je peux bien être et comment rejoindre la Serra da Estrella où j'ai envie de me poser pour pouvoir l'arpenter reposé le lendemain...
Au bout d'un moment, la fatigne aidant et le jour touchant à sa fin, je finis par prendre une voie rapide qui descend vers le sud.
Puis: Vooooooooooooooo...
Passage en réserve...
    Bon, faut que je trouve du jus, et il n'y a pas de station service sur ces voies rapides; il faut en sortir pour en trouver. Par la même occasion, j'essaierai de trouver un lieu de bivouac.
Je ne fais pas de camping sauvage, mais du camping civilisé: au pire, je ne laisse qu'un étron et un peu d'urine après mon passage.
    Je sors donc de la voie rapide, fait quelques kilomètres avant d'arriver dans une petite ville avec une station service de supermaché, où je poireaute 30 minutes parce qu'ils sont en train de remplir les cuves...
Une fois le plein fait, je commence à prendre au feeling des chemins pour trouver où poser ma tente, et la misère continue...
    Trop près de maisons, trop exposé au vent et il souffle fort (pourtant je suis habitué au mistral), traces trop fraîches d'exploitation forestière, de passage de chasseurs ou d'agriculteurs, terrains trop en pente, sol tapissé de bogues de chataignes, accès trop raides pour mon africa chargée ou trop risqués si ça devient gras parce qu'il y a de gros nuages gris pas beaux...
    Je suis seul et pas envie de me retrouver bloqué ou de me vautrer sans être sûr que quelqu'un puisse venir m'aider en cas de pépin...
Au bout de deux heures, le soleil se couche et je jette l'éponge (j'en avais deux...) alors que j'arrive à Celérico da Beira, ville où ma carte indique la présence d'un camping... que je ne trouve pas!
Et merde!
Allez, hop!
Hôtel Mira Serra alors...

    Et ce fût le bon choix: patron très très sympa, originaire de Portimão et content que j'y aille, on tchatchera pas mal ensemble et avec sa femme, en anglais, mon portugais étant encore pire que mon espagnol!
Super bouffe, super piaule confortable, bien kitch, avec moult napperons blancs brodés et beaux meubles de campagne en bois massif...