Jour 4: Fin des reconnaissances!
Au programme du jour, toujours des reconnaissances...
C'est aussi la prise de contact avec les Marshalls Honda qui vont
m'accompagner pour encadrer notre groupe de roulage, le C3 pour
être précis, correspondant au troisième groupe de
pilotes confirmés de niveau moyen, ce qui correspond à
mon propre niveau de conduite. C'est avec une certaine
appréhension que j'attendais cette rencontre; j'avais peur de me
retrouver avec une bande de fous furieux de la conduite, me collant et
me poussant au cul sur route comme sur les pistes, ou à
l'inverse, de me retrouver sur un faux rythme avec des gars lents, ce
qui est aimable pour les dames mais moins bien lorsqu'il s'agit de
rouler!
Mais je suppose que ces interrogations ont été les
mêmes pour les Marshalls Honda vis-à-vis de nous, les
ATOCiens...
Je fais donc la rencontre de Laurent et
Grégoire, et rapidement, mes craintes s'évaporent; je ne
sais pas de quoi ils sont capables s'ils se lâchent, la bonne
nouvelle étant qu'ils soient capables de se (re)tenir! Et
très sympas!

En pleine discussion avec Grégoire...
je crois qu'on refait le matin la boucle autour de Montserrat, mais
dans l'autre sens, et à dire vrai, je ne m'en souviens pas... vu
les programmes chargés et leurs modifications fréquentes,
le timing serré de chaque journée, je n'ai eu que
très rarement le loisir de prendre des photos à l'aide
desquelles j'aurais pu me repérer dans la chronologie...
Toujours est-il qu'alors que nous nous apprêtons à prendre
le repas de midi dans la même cave viticole que la veille, on
nous apostrophe:
- "Si vous voulez faire un tour avec les CRF, c'est maintenant! Vous avez dix minutes..."
Je file rapidos récupérer les
clés du modèle DCT de Laurent, faut pas louper ça!
Je ne suis pas le seul: nous récupérons donc tous une belle CRF...


Par Toutatis! Tout ATOC en CRF!!
Les boîtes manuelles, je connais, la grande nouveauté,
c'est bien l'évolution de la boîte DCT Honda de cette
belle CRF, et si je veux pouvoir en parler un peu, faut que je l'essaie
un peu aussi!
Rayon de braquage parfait, position de conduite nickel, juste les
commandes trop horizontales à mon goût et un toucher du
levier de frein que je n'aime pas avec mes gants TT...
On prend une piste qui serpente à travers les
vignes. Debout sur les cales-pieds, le beau guidon type fatbar tombe
lui aussi nickel sous les mains, même si j'essaierais bien de le
mettre légèrement plus sur l'avant. Je retrouve la
même étroitesse du cadre et du réservoir au niveau
des genoux, même avec mes genouillères, étroitesse
similaire à celle des premiers modèles d'Africa. C'est
pour moi le seul défaut de la version plus routière des
modèles suivants, avec une forme de réservoir qui offre
moins de protection aux jambes en position assise, qui les arque en
position debout, ce qui est pénible à la longue.
Cette CRF est à l'évidence mon amie!
Je reste en mode normal de gestion du passage des vitesses, mais mets
sur ma mie le Traction Control au minimum et conserve l'ABS sur la roue
arrière sans mettre le mode Gravel, et de toute façon, il
me faudrait beaucoup plus de temps pour tout tester. Je ne suis pas
là pour ça, ni pour prendre le risque d'abîmer
cette machine.
Je peux la serrer avec les genoux sans soucis, je suis aussi à l'aise sur les pistes que sur mon XR!
Enfin... presque! Mais un marseillais se doit d’exagérer
toujours un petit peu, sinon on ne le reconnaît pas et il n'est
plus crédible...
Mais quand même: le centre de gravité
très bas facilite toutes les manœuvres, à
l'arrêt comme en roulant. Les suspensions avec les
réglages de base, le freinage, me semblent très bons.
Cette boîte très douce qui monte ou descend les rapports
les uns après les autres m'impressionne; après deux
minutes à observer comment le passage des vitesses est
géré, je l'oublie déjà et laisse faire...
On arrive près d'une piste reconnue qui monte dans les collines,
et je n'ai qu'une envie: m'y jeter! Mais comme certains s'excitent, il
est décidé de vite rentrer par la route et une voie
rapide avant que cela ne parte en sucette...
Quelle frustration!
Sur le bitume, je regarde mon compteur: 30km/h et je
dois être en quatrième sur un filet de gaz. Je fais
quelques accélérations pour tester reprises et freinages,
lors desquels la fourche plonge dans un mouvement similaire à
celui de mon antiquité, mais bien moindre: je suis donc bien aux
commandes d'un trail orienté TT!
Mais qu'est-ce que cela ferait-il donc si j'ouvrais en grand? Gaz!!
Arghhh!
Ça pousse, de manière très
linéaire et douce, mais ça pousse tout le temps!
Je baisse les yeux sur le beau tableau de bord bien lisible: en une
fraction de temps, je suis déjà à presque 150
km/h!!
Ça le fait grave, comme dirait mon fils...
enfin, lui, il aurait plutôt dit que c'était tarpin bien!
Je sais, c'est nul, c'est à ce style de détail qu'on s'aperçoit qu'on n'est plus un jeune...
Je rends la main, je la reprendrai plus tard, car faut rester
raisonnable, et je sais déjà que cette machine me
plaît vraiment, qu'elle est pour moi, puisqu'elle a
été faite pour moi, faite pour faire ce que j'aime faire
avec un cheval de fer, c'est d'enfer pour moi qui n'ai toujours eu que
des trails, uniquement des trails Honda qui plus est...
Dotée d'une longue selle en deux parties et
deux niveaux d'assise, confortable à mon goût car je
n'aime pas celles dans lesquelles je m'enfonce, elle est parfaite pour
mes 75 kilos... j'en ai aussi testé la position du passager,
avec de superbes poignées qui tombent elles aussi toutes seules
sous les mains, c'est maman qui serait contente!
Je retrouve donc toute la polyvalence des Africas d'antan, avec 30 ans
d'évolutions technologiques pour améliorer le tout...
Ce 1000 CRF, c'est vraiment pour moi la moto idéale, bien plus qu'un gros panzer teuton!
Je n'ai jamais pu acheter de moto neuve, et ce n'est pas aujourd'hui
que je vais me mettre un crédit sur le dos pour me faire
plaisir... J'en aurai certainement une un jour, lorsque les prix des
occasions correspondront à mon budget, que je ne serai pas
obligé de vendre un rein pour l'acheter et l'assurer... Yapluka
espérer que la troisième guerre mondiale, la crise
économique et la pénurie de pétrole qui se
profilent à l'horizon ne viennent pas gâcher mes plans!
Mais contrairement à ce que ces remarques pourraient faire
croire, je suis optimiste!
Dediou!
Ça va être dur de patienter avant d'en avoir une rien que pour moi!
Retour donc à la cave, et la bonne surprise d'y saluer
Jean-Michel Bayle, mon chouchou venu pour faire des shows chauds sans
chichi ni chu-chute, et après un repas rapide (les Honda boys
ont tout mangé!), nous sommes vite repartis faire la
reconnaissance de la boucle TT que fera mon groupe.
On a commencé tranquille, les trois groupes
du même niveau réunis, mais on se traînait vraiment,
s'arrêtant tous les 200 mètres... Blessdom (ATOC)
m'annonce que ce serait aussi bien si on se séparait; je cache
ma joie, du moins j'essaie; je trouve l'idée très bonne et il n'a pas besoin de me le dire deux fois!
On continue donc à trois, Laurent,
Grégoire et moi, et on se fait plaisir en augmentant
décemment le rythme. Régulièrement, j'oublie
qu'ils sont en monte d'origine, des Dunlop Trailmax D610, pneus
à profil routier, et dès que j'accélère un
peu, je les distance. Ce qui me rassure sur le rythme futur du groupe
au complet et surtout sur ma capacité à l'encadrer en
toute sérénité lorsque le moment sera venu...
Il fait beau, il fait bon, les pistes sont désertes puisque les
autres groupes sont derrière ou sur d'autres traces, et on se
régale, que du plaisir!
Et on se fait même une pause photos!
J'avais oublié que l'on m'avait volé il y a quelques
temps la carte SD de ma Gopro en même temps que mon sac à
dos; j'ai eu la surprise d'entendre en roulant les "bip-bip-bips" de la
caméra sans carte... Damned! Je n'ai donc rien pu filmer de
cette belle journée sans stress, alors que c'était la
première fois que je prenais le temps de sortir ma caméra
depuis mon arrivée ici... alors, autant se faire une pause et
prendre la pose, car du stress, il y en aura lorsque le groupe sera
complet, que l'on devra faire le même parcours à 18
motos...


Retour au bivouac, puis retour à l'hôtel, puis briefing,
puis séance GPS, avec les quatre nouveaux GPS qui sont
arrivés sans support de guidon... il faut donc les installer
solidement et brancher leur alimentation sur le circuit des motos
impérativement pour le lendemain (certains termineront
l'installation à près de 2h du matin!), puisque le
lendemain, tous les concessionnaires arrivent à Sitges!
Dodo!