Quatrième Jour...
En ce matin du quatrième jour pour moi, car
j'ai effectivement toujours un jour de retard sur les autres, cela n'a
pas changé, je me réveille bien vaseux... ce qui n'a pas
changé non plus, c'est que je me suis fait une petite nuit de
sommeil!
Pire que les nuits précédentes où j'avais les yeux
grands ouverts dès 4h30 et que j'arrivais à me rendormir
une petite heure jusque vers 7h, heure approximative où tous
s'excitent...
Cette nuit, au bout d'une heure sans réussir à me rendormir, et donc vers 2h30, je
fais glisser lentement les zips de ma tente, le plus silencieusement
possible afin de ne pas faire profiter Dode de mon insomnie, lui qui
dort juste à côté de moi, bien installé sur le toit de son 4x4. Je sors,
je fume, la Lune au-dessus veille sur moi, je me pèle, pieds nus et l'FS
à l'R, et bien que me levant sans le vent, je n'ai pas le
cerveau lent... je gamberge... toutes mes idées noires, je les
ai forcément embarquées dans mes bagages, je ne pense
à autre chose que lorsque je chevauche ma
monture, concentré que je suis sur mon objectif de non-vautrage...
Difficile de se recaler en mode sommeil, mais je réussi
tout de même à dormir une heure de plus, et puis comme d'hab,
opération caouas multiples dès le réveil, avec la
Lune qui est passée derrière ma toile. Le soleil, qui lui
aussi se lève, donne de splendides couleurs au bivouac qui s'éveille, et encore
plus à ma Belle Grise. Une fois la poussière un peu
dégagée du réservoir, elle brille un peu plus dans les premiers
rayons du soleil et c'est bÔ...
François et sa compagne nous quittent ce
matin pour cause de
départ pour l'Italie et le Hard Alpi Tour. C'est dans son
véhicule
que je posais jusqu'alors mes bagages. Dode n'a malheureusement plus
assez de place pour tous les accueillir, mais il arrive tout de
même à faire entrer mon sac de selle au chausse-sac dans
son beau 4x4, et
il va donc me falloir rouler avec les sacoches cavalières. Il
faut simplement que je ne les oublie pas en roulant trop près
d'obstacles facétieux...
Jo décide de rouler avec le
groupe des MFV
(Motards à
Forte Vélocité), nous serons donc 4 aujourd'hui; Dudu, Hervé,
Kajo et moi. Dès le début, on avale des bornes sur des
pistes interminables au milieu des massifs couverts de
végétation...
C'est magnifique, on s'en met plein les yeux, plein les pneus. Dudu,
qui se plaint du manque de motricité de son pneu arrière
déjà bien entamé, se sent pourtant pousser des ailes sur
l'une d'elles et s'échappe. Mais la plupart du temps, c'est moi
qui ouvre pour notre petit groupe. J'aime beaucoup le faire, au final.
Je roule à mon rythme, ne bouffe pas de
poussière et l'objectif de la cam reste propre... ce qui tombe
bien, car j'ai aujourd'hui enfin pris le temps de l'installer sur mon casque... bon,
d'accord, ouvrir signifie aussi vérifier que l'on soit toujours
sur la trace GPS, et j'ai fait faire demi-tour au groupe à de
multiples reprises... mais tous ont été gentils avec moi,
personne ne s'en est plaint!
Hervé, histoire de faire comme tout le monde,
glisse sur un tapis de pierres dans un virage et couche sa
bécane au sol. Bienvenu au club!
On finit par retomber sur les MFV
juste avant qu'ils ne repartent d'une pause, nous, les gars lents...
être des gars lents ne sert plus à rien, puisque nous ne
sommes plus qu'entre mâles depuis ce matin, c'est pourquoi je
vais plutôt parler des PBM
(Petites Bites Molles) pour nous décrire...
Maxou, dont le pneu arrière commence à franchement
souffrir aussi, restera un temps rouler avec nous. Dode et Pierrot nous
rejoignent avec leurs 4 roues motrices, et Dode nous sort son Thermo de
café... elle n'est pas belle, la vie?!!
Si ce n'est pas le grand luxe, ça!
Certes, il me manquait une lichette de sucre, mais faut pas déconner, non plus!
Un peu plus loin, à l'entrée d'une
piste par le bitume, on tombe de nouveau sur les MFV
arrêtés...
L'amortisseur de Pti-Ju, pourtant récemment révisé, a rendu l'âme... fatche!
Titi, passant par la route, est là lui aussi. Vu que ses garages
sont des cavernes d'Ali Baba pour tout possesseur d'Africa ou de
Transalp, il a un amorto en stock...
Pti-Ju et lui partent donc échanger le rebondisseur pour un amortisseur.
Les groupes se reforment, Maxou repart avec les MFV, les PBM
se retrouvent de nouveau à 4.
Mais un peu comme dans une partouze, l'émulation du groupe fait
que chacun a le même sentiment qui l'habite dans son culte bien
profond à la moto: celui d'aller de l'avant en repoussant un peu
ses limites, juste pour le plaisir...
On enchaîne avec toujours autant de plaisir les bornes sur ces pistes, dans ces panoramas majestueux.
Je sais, je me répéte... mais que dire d'autre?!
C'est le grand kif en permanence, on est tous hyper heureux de rouler ici!
On se fait une pause repas à la terrasse d'un
petit resto, sans savoir que le village où l'on décide de
s'arrêter est à peine à 5 km
d'Hérépian, où tous les autres se sont
attablés, Pti-Ju et Titi aussi, après avoir changé
l'amorto.
On peut constater que les barbus sont de plus en plus barbus et les glabres de moins en moins rasés...
C'est reparti pour la suite du parcours du jour!
Sans dériver, on arrive, les yeux rivés sur ses rives, au bord du lac du Salagou et son sol ocre...
Les couleurs sous le soleil sont très contrastées; le
bleu du ciel, l'ocre qui nous entoure et le vert de la
végétation pétent dans le décor... moi
aussi, mais cela n'a rien à voir, il fallait juste que je
salisse un peu ce tableau trop poétique à mon
goût...
Les MFV filent vers un itinéraire secret, que
perso je ne me sens pas de faire avec mon gros machin bien lourd,
Hervé et Dudu quittent peu après les PBM pour partir
à la recherche d'huile pour le moteur deux temps d'Hervé,
et on se retrouve donc Kajo et moi pour finir le parcours et rejoindre
le bivouac.
Décidément, on a vraiment de tout
comme terrain sur cette F.A.T.T., sauf de la boue et c'est tant mieux,
car moi, trop de boue me fait m'assoir, voire me coucher... on tombe
donc sur des pistes sablonneuses, l'occasion d'amener dans un virage ma
Belle Grise au sol, encore une fois... les crash-bars commencent
à être marqués, mais ils ne sont pas
installés pour faire joli et je suis bien content de les avoir!
Tout comme ce sabot moteur, vu le nombre de caillasses qu'il s'ait pris dans sa face!
Un dernier bout de piste avant d'atteindre
le bivouac, où, à la faveur d'une énième
erreur de direction, on laisse les MFV passer devant...
J'aimerais les filmer. J'allume la cam mais grâce à un
double appui sur le petit bouton, je passe en mode photo... le temps
d'éteindre et rallumer l'appareil, puis de déclencher la
prise de vidéo, le tout à la main droite, donc en coupant
les gaz, et ils ne sont déjà plus dans mon champ de
vision... pfff... et merde, encore loupé!
De toute façon, on était presque arrivé, et j'ai donc au moins une photo des MFV!
Titi est lui déjà arrivé au
bivouac, a planté sa tente, un camping-car immatriculé en
teutonnie est aussi posé là. L'endroit va devenir un peu
moins paisible pour eux... je ne verrai d'ailleurs que leur chien,
à croire que l'on fasse peur ou sente mauvais!
Ce qui est fort probable, toute réflexion faite, surtout pour ce qui est de l'odeur...
Et encore... Hervé, chevauchant son monocylindre à trous qui pue, n'est pas avec nous...
Il ne nous
reste plus qu'à patienter en attendant Dode, afin de
récupérer nos bagages et pouvoir se changer, installer
les tentes...
Je constate en faisant un petit tour d'inspection visuelle de ma
machine que mon pneu arrière commence vraiment à fatiguer
lui aussi, alors que je suis sûr qu'il dort un peu plus que
moi...

On dispose aujourd'hui d'un point d'eau, idéal
pour se rincer un peu de la poussière et de la sueur
accumulées.
L'endroit est parfait, seul un fort vent gâche un peu cette fin de journée et interdit toute grillade du soir...
Et enfin, Dode et Pierrot arrivent!
Toilette, séchage des affaires, lessive pour certains et installation du bivouac...
Ouf! Il me tardait vraiment d'enlever tout l'équipement tout-terrain pour me mettre à l'aise!
Manque de bol, le vent ne se calme pas avec la tombée du jour, au contraire même...
Tant qu'il faisait soleil, ça passait, mais de nuit, on se gèle vraiment!
Alors au bout d'un moment, ça me soule autant que le vin bu, et
je file me mettre à l'abri des bourasques sous ma tente, en
espérant récupérer un peu de sommeil pendant la nuit...
VIVEMENT DEMAIN!
F.A.T.T.: Faut Accepter d'un Tantinet Transpirer!
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