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Jour 1: Que l'Aventure Commence! Il est relativement tôt lorsque j'ouvre un oeil, puis, avec un léger décalage, le second... Où suis-je?... Ah oui, dans ma tente! C'est l'heure de l'UOR! Embrumé dans les vapeurs des liquides fermentés ingurgités ainsi que dans les volutes exotiques inspirées la veille, je sonne avec autorité le réveil des neurones... Opération CAOUAS! Tous s'activent, pas le temps de traînasser! Car nous ne sommes pas venus ici pour enfiler des perles, encore moins des camarades, bien que je ne connaisse pas les moeurs de tous les participants, mais bien pour enfiler des bornes! Au fur et à mesure que les cafés s'enchaînent, je plie et charge bagages, défèque sur de la faïence, histoire de dire au revoir au luxe de la civilisation que cela représente, et enfin enfile à sec et sans préliminaires mon équipement, car la météo est clémente et je suis pressé... Certains sont déjà partis, je fais le plein de flotte avant de quitter le camping, et trace sans plus attendre, car je fais partie des derniers et je ne sais même pas avec qui je vais rouler aujourd'hui... Je suis la trace GPS... à l'aube de ce premier jour de roulage on ne peut pas encore suivre la mienne à l'odeur... je me doute que certains sont allés prendre le petit déjeuner à la terrasse d'une grande boulangerie, mais je m'attends en suivant le GPS à arriver directement au point de vue sur le pont de Millau, qui sert de point de départ à l'équipée... Et bien non! Je peux me taper un double expresso tranquille, la boulange est sur l'itinéraire... ![]() Zou!
C'est reparti! Je suis de nouveau seul et file vers le belvédère. La piste qui y mène est bloquée par un tractopelle. Je descends de la moto; la piste derrière la machine est complètement labourée et il n'y a aucune trace de pneus dans la terre retournée... Suis-je sur la bonne trace? Oui, me confirme le GPS... Arrivent deux bécanes à qui j'explique la chose... enfin j'explique à leurs pilotes, parce que des Kronreif Trunkenpolz Mattighofen, ça ne parle pas la langue et donc ne comprend rien à rien! Pas grave, ils partent droit dans la colline... Ah ben oui, c'est vrai, j'oubliais... c'est aussi le style de trucs que je peux faire avec mon gros machin et ses pneus à crampons, suis-je bête... Je rejoins donc les collègues au belvédère. La vue y est habituellement magnifique, mais présentement aussi bouchée qu'un charcutier obtus... Ce n'est certainement pas ça qui va nous empêcher de faire les zouaves! Aussi bizarre que cela puisse paraître, on ne va pas tarder à voir le bout du tunnel...
Oui, parce qu'on ne va pas tarder à y entrer! En tout début de parcours, il y a ce tunnel à traverser... sans soucis, à moins de vouloir rouler debout... La sortie est plus délicate, avec une montée courte, mais raide! Un peu comme ma b... Oups! C'est hors sujet, désolé... En plus, ce n'est même pas vrai, un des deux adjectifs est faux, mais je ne dirai pas lequel! Normalement, ça passe, mais pas toujours...
Blessdom se fait laminer son pantalon et sa veste par le pneu arrière de Loïc en l'aidant à finir de remonter la pente après sa cabriole... J'ai bien failli m'y vautrer aussi! Je l'ai passée cette montée, dans un style un peu improvisé et acrobatique, mais peu importe! Pas mal pour se mettre en jambe... Quand à Lolo, après avoir passé la montée, il stoppe devant une clôture fermée. Lorsqu'il veut repartir, il fait tomber la moto, et se fait mal à la malléole de sa cheville déjà douloureuse... il boîte et grimace en marchant pour récupérer sa moto que Bro7 lui amène un peu plus haut... Bon, on enchaîne cependant... Dans le cadre superbe d'une ancienne voie de chemin de fer encaissée, dont une partie assez déroutante est couverte d'un épais tapis de ballast. Certains y roulent (très) vite, moi plutôt à allure moyenne et très concentré, en arrière pour délester la roue avant, en essayant de conserver une vitesse constante. A la sortie de cette piste, alors que je roule esseulé, arrive le "trou"...
Je n'ai pas envie de m'arrêter et de perdre élan et équilibre avant d'y descendre... j'aurais pourtant dû... Avançant au ralenti, je ne vois aucun passage sûr... Je m'y jette comme un abruti, sachant très bien que je suis en train de faire une connerie, tout en pensant: "Advienne que pourra!" Mauvaise idée... Je décide de passer par le côté gauche. C'est pentu, je perds l'équilibre en cours de remontée. Vu que le sol est loin de mon pied droit, la bécane est déjà trop inclinée pour que je la retienne lorsque je l'atteins, et je me vautre lamentablement comme une grosse quiche! Je présente mes excuses aux quiches qui me liraient, car il est vrai que je n'en ai jamais vu se vautrer lamentablement, pas toutes seules en tout cas... car si elles se vautrent, c'est bien parce qu'elles sont gênées par tous les lardons qu'elles ont dans les pâtes... J'étais seul sur la moto, je n'ai donc aucune excuse valable... Au milieu, ça passait tout seul apparemment, mieux en tout cas, mais je ne l'ai pas vu en approchant... Trois ou quatre paires de bras m'aident à sortir de là, merci les gars et merci les crash-bars!! Quelques petites rayures sur le carénage, rétro dévissé, un impact sur le crash-bar, sabot moteur enfoncé sur le côté... Lors de ma chute, j'ai bien vu les deux grosses pierres sous moi, et vu la proéminence du carter droit de l'Africa en version DCT, j'ai tout de suite vérifié qu'il n'avait pas morflé... ouf, c'était juste! C'est donc sans dommage que je m'en sors... une alerte et une chute en quelques kilomètres à peine, il va falloir que je fasse un peu plus attention à ce que je fais! Heureusement, c'est plus roulant ensuite, je prends petit à petit mes repères avec mon gros machin cramponné. Enfin... c'est plus roulant si on ne suit pas Bro7, qui décide de prendre un petit raccourcis par une bonne montée pleine de caillasses... pouf! Blessdom met sa moto à terre. Il soulage sa vessie pour diminuer le poids embarqué que la moto doit amener en haut de la pente. On descend à trois pour l'aider à relever la bécane et repartir, et... Pouf! Trente mètres plus loin, re-belote... il ne sert donc apparemment à rien de pisser pour ce qui est de faciliter la montée... Loïc se propose et mène magistralement la machine jusqu'en haut... Suis bien content de ne pas être passé par là... le style de montée où il ne faut surtout pas perdre la motricité au risque de galérer pour repartir... J'espère secrètement qu'il n'y a pas trop de passages de ce style par la suite!... Plus tard, on retrouve Coriolis et Olivier, arrêtés au niveau d'une petite route qui coupe la piste. Ils repartent tous deux en trombe. Quelques centaines de mètres plus loin, Olivier et sa moto sont au sol, un tas de bricoles et une sacoche cavalière sont éparpillées autour d'eux, on descend inquiet des machines et se précipite... Une belle gamelle dans une piste en descente en sous-bois, Olivier s'est ouvert profondément la main sur une pierre... ses gants légers ne l'ont pas protégé. Pendant que Bouste bande, non comme un taureau mais bien comme un infirmier, je refixe tant bien que mal une des deux sacoches arrachée, l'autre, complètement éventrée, repart sur la moto de Coriolis. Fin de l'aventure pour Olivier, qui repart accompagné de Coriolis, Bouste, Nico et Fabtone vers Millau pour se faire soigner. Après ce petit intermède peu réjouissant, on repart, mais pas pour très longtemps! En effet, quelques kilomètres plus loin à peine, Loïc tape de l'avant contre le rebord cimenté d'un passage à vache défoncé... Sa jante avant n'a pas aimé du tout... et étant monté en tubeless, ben... pneu à plat! Hop! Démontage de roue, mise en place d'une chambre à air, qui est pincée au remontage du pneu... re-démontage du pneu, re-chambre à air, re-montage, et tout va bien cette fois-ci! Pendant ce temps, j'ai pu redresser mon sabot... On attend Bouste, qui devrait nous rattraper avec sa clique, mais Blessdom finit par comprendre qu'ils sont devant nous et nous attendent eux aussi de leur côté après avoir shunté ce bout de piste. L'important est que l'on se rejoigne enfin! Ce n'est pas évident de retrouver la chronologie des événements et des pistes de la journée, surtout sans faire ni photos, ni vidéos... on enchaîne des pistes fabuleuses, entrecoupées par des liaisons sur le bitume, parfaites pour se reposer un peu... C'est la grande régalade en permanence, on passe dans des coins superbes! En début d'après-midi, dans un virage boueux plein d'ornières, Bouste prend celle intérieure sans en voir la sortie masquée par un muret... sa roue avant ripe dans la boue, la moto se couche au raz du fossé dans lequel Bouste fait la cabriole... Bro7 à la rescousse! Nous arrivons poussiéreux et suants aux gorges d'Héric pour une bonne pause bienvenue, installés à l'ombre à la terrasse du snack. Des gorges, je ne verrai rien, mais l'endroit est vraiment paisible, un p'tit coin de montagne au milieu des collines. Malheureusement pour Lolo, sa cheville le fait vraiment trop souffrir, plutôt que de prendre le risque de l'abîmer plus, il préfère jeter l'éponge et reprendre au plus tôt la route vers ses pénates... Fichtre! Un de plus en moins! Comment se fait-il que l'on se retrouve à trois, Blessdom, JP34 et moi, au dernier village avant notre bivouac? Franchement, je n'en ai plus aucun souvenir... peut-être qu'on était fatigué tous les trois, je ne sais plus... Ah non, pas que... c'est aussi pour ne pas louper les heures d'ouvertures des magasins... Et puis, j'avais oublié: juste avant, Blessdom a voulu dégager un panier de lave-vaisselle qui traînait sur le bitume... D'un coup de pied, il l'envoie valdinguer vers le bas-côté, alors que l'on roule aux environs de 90 km/h... Juste derrière lui, je surveille les rebonds du panier, qui heureusement ne revient pas sous mes roues... Trois cents mètres plus loin, on s'arrête à un stop et stationne sur le côté: Blessdom enlève sa botte tant il a mal à deux de ses orteils... ils n'ont pas l'air cassés, mais impossible pour lui d'envisager de continuer à rouler en tout-terrain... Fichtre! Un de plus en moins! Pendant que l'on file donc à trois vers Caunes-Minnervois, Bouste enchaîne avec les péripéties, et il fait bien, sinon on n'aurait presque pas grand chose à raconter!... En fin de journée, alors que le rythme devient soutenu avec Bro7, Bouste ne voit pas l'ornière en travers de la piste qu'il y a après une bosse... il plonge dedans en espérant la sauter, mais à l'impact, le guidon part en butée et il se retrouve projeté en avant, face et ventre à terre dans la caillasse! Heureusement, le beau T-shirt ATOC a bien protégé le pare-pierres qui a bien protégé Bouste... Fichtre! Presque un de plus en moins! Quant à nous trois, les p'tites bites molles, avant d'aller faire quelques courses pour le soir, on se fait la pause mousse à la terrasse du coin... Dediou que c'est bon! Comme eux, je suis allé un peu me rincer de la poussière du jour à cette fontaine providentielle... si elle avait été plus isolée, je m'y serais plongé! On rejoint ensuite la trace qui mène au lieu du bivouac du jour. Avec une dernière péripétie, puisque c'est moi qui guide! A une fourche, le chemin de droite est tout tranquilou en descente, celui de gauche en montée beaucoup plus pentu et rock'n roll, rempli de grosses caillasses au milieu d'une couche épaisse de terre en poussière... Connaissant un peu désormais Bouste et Toukbal, je prends naturellement la voie la moins facile, tout en me disant qu'ils abusent un peu de vouloir nous faire passer par là en toute fin de journée... Je fais la connerie de m'arrêter au beau milieu de la pente raide, poussiéreuse et caillasseuse, lorsque je me rends compte d'un coup d'oeil furtif sur le GPS que je ne suis pas sur la bonne trace, pour ne pas imposer à mes compagnons cette montée inutile... trop tard, ils me doublent sur leur lancée... impossible de faire demi-tour dans la pente, c'est toujours plus raide une fois arrêté qu'en roulant... mais grâce au mode Gravel et au Traction Control, je parviens à repartir, en bataillant toutefois quelque peu, pour faire demi-tour plus haut, sur un replat... Bivouac grand luxe à l'arrivée, avec l'eau courante! Et l'eau courante, ce n'est pas réservé aux randonneurs rapides! J'installe la tente, y jette mes affaires et me jette moi-même prestement et avec délice sous l'eau fraîche qui coule d'un tuyau d'arrosage, entre trois parois ondulées en fibre de verre... Ahhhhh!... même frais, ça fait du bien! Et puis, si les parois ondulées, cela peut être bienvenu pour ceux qui prennent des céréales au petit-déjeuner... L'Ultimate s'embourgeoise, y a pas à dire... Grillades au menu du soir dans l'âtre du refuge, c'est la grande classe tout ça...
Histoire de terminer en beauté cette première journée fantastique! Que c'est bon d'être avec vous tous, là, en pleine nature! Suis claqué et tout mou, mais que c'est bon! ![]() Distance parcourue: 267 km Durée du parcours: 12h40 (données GPS) VIVEMENT DEMAIN! Haut de page |
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