Balades de FleePee





Retour Index


Accueil



M'écrire
Balade Ibérique,
Du 3 au 13 Juin 2013...


Jour 8:
Le Début de la Fin Après la Fin du Début...

Oui, je sais, ce n'est pas très clair comme titre...
Disons que je commence alors à revenir vers chez moi...

    J'ai donc fait un peu de lessive pendant mon séjour à Portimão, et en ce lundi matin 10 Juin 2013, je me sens prêt à repartir sans qu'on puisse me sentir arriver de loin!
    Et je n'arrive vraiment pas à m'habituer à ces putains de panneaux non-indicateurs de direction, je me paume plusieurs fois en essayant de rejoindre Monchique, alors que quand je regarde la carte ça a l'air simple...
    Du coup, j'abandonne cette idée, tombe par hasard sur la route de Silves, continue sur  São Bartolomeu de Messines, puis la N124 direction Barranco Vehlo, jusqu'à ce que j'aperçoive une petite route qui tournicote à flanc de colline; je m'y jette donc, traverse cette région magnifique, puis redescends vers Almodovar, c'est vraiment beau et je me régale encore et toujours!!

                   

    Cela ressemble d'abord à de la moyenne montagne, de vastes panoramas magnifiques et déserts et cela s'enchaîne sur une longue suite de collines douces recouvertes de chênes-lièges...
Je me pose au bord d'un lac, à l'ombre d'un de ces chêne-liège pour manger, c'est beau, c'est paisible, ça crickette, ça gri-grille; le soleil et la chaleur ibériques sont enfin de retour!

         

    Je crois qu'à ce moment-là, je suis déjà en Espagne, mais à vrai dire, je ne me souviens plus...
    Précédemment, pour passer la frontière, je suis passé par Mertola, Mina de São Domingos, Corte Pinto, ai essayé d'y prendre la piste pour Agua Negra, d'où je voulais passer la frontière, mais je me suis retrouvé à chaque tentative dans des culs-de-sac et n'ai jamais trouvé cette fameuse piste au milieu de toutes les autres, malgré les indications d'un jeune portugais édenté qui devait avoir 20 ans de moins que l'âge qu'il paraissait avoir, qui m'a postillonné sa réponse au travers de ses 3 chicots noirs plantés au milieu d'une face burinée par le soleil, je n'ai pas tout compris mais l'ai tout de même vivement remercié, muyto obrigado, et il s'est retourné pousser sa porte, avec ses 5 énormes patates dans les mains, pour rentrer au frais de sa toute petite maison blanchie à la chaux et se préparer le repas du midi, mais il eut fallut que j'employasse une autre forme de conjugaison pour que cela vous épatâtes... 
(j'avoue ne pas être très sûr de moi, là... j'attrappe mon bescherelle...)

    J'ai donc fini par arriver en Espagne par la N260 portugaise, qui devient N433 en Espagne... Puis, je ne me souviens plus très bien, mais j'ai dû prendre la N435 pour Zafra, la N630 pour Mérida puis direction Caceres et bifurquer vers Trujillo par l'EX381-382, puis l'EX208 vers Plasencia...
J'enquille ces grandes lignes droites vers Plasencia à plus de 140, faut bien que j'avance un peu!


    Je me souviens de la vitesse à laquelle je roulais dans ces coins, parce qu'au milieu d'une de ces grandes lignes droites, loin, loin, loin, je vois un gendarme qui me fait signe de m'arrêter sur le côté...
Je coupe les gaz, jette un oeil à mon compteur. Merde, encore à 140... j'espère qu'il n'y avait pas un radar avant!
    Je me gare, comprends qu'il veut voir mon permis, il vérifie pendant que je l'attrappe le bon arrimage de mes bagages...
    Il fait une tête de suspicieux et trouve que ça fait beaucoup de route, de Marseille jusqu'ici; je lui fait comprendre dans mon espagnol de survie que je suis allé et reviens de bien plus loin, puisque le matin encore, j'étais à Portimão où je m'étais posé por el superbike...
    Ils sont deux motards, postés au milieu de nulle part, et de me voir en ces contrées, chargé comme une mule avec déjà 3100 bornes au compteur (si je me souviens bien) l'impressionne quelque peu...
    Il a le sourire désormais, et me dit que c'est tout, que tout est ok, me rend mon permis et me souhaite bonne route, en me disant dans un anglais aussi approximatif que mon espagnol, que ceci est une bonne invention:

    J'ai retrouvé ce couvre-selle VTT, jamais utilisé, en fouillant mes placards avant de partir, je l'ai pris en me disant que ça pourrait peut-être me servir, et à vrai dire, je m'en suis servi dès le deuxième jour du voyage tellement cette putain de selle Touratech est inconfortable!
(peut-être aussi est-elle fatiguée, elle a peut-être dix ans désormais; elle était installée sur l'Africa quand je l'ai achetée et l'ancien proprio n'avait plus la selle d'origine, dommage...)

    Mais ça aussi fut un bon élément de confort sur la route, me permettant de boire en ne lâchant le guidon que le temps de porter à ma bouche le tuyau de la poche à eau de mon sac VTT, l'autre partie passant au travers d'un bouchon d'une bouteille "sport" évian.
Résultat: étanchéité parfaite, un litre d'eau dans la sacoche réservoir, le tout pour pas un rond...

    Peu après la rencontre avec la Guardia Civil del Traffico (?), j'entre dans le parc naturel de Monfragüe, ses nuées de vautours, ses lacs et ses paysages magnifiques...

                  

    Je me régale, et je ne suis pas blasé, j'en prends toujours autant plein les mirettes avec autant de plaisir... surtout que j'ai du colyre!!
    Je finis par me poser à une dizaine de bornes au sud de Plasencia, dans un petit camping bien sympa, super clean, et savoure après installation, d'abord une bonne douche, et ensuite, et avec délice, ma "grande caña" traditionnelle de fin de journée de 12 heures de moto et X bornes, face au soleil qui se couche et que c'est bon et que c'est beau!
    Je dormirai avec mes bouchons d'oreilles, pour contrer les deux ronfleurs de chaque côté de ma tente, qui s'en donnent à coeur joie d'interprêter en stéréo la "Symphonie au clair de lune en dodo mineur", de Jean Bayenckor, et ce, tout au long de la nuit...